Lutte contre le terrorisme : le Tchad a perdu 82 de ses soldats dans le nord du Mali

De tous les pays contribuant à la Minusma, le Tchad est celui qui a essuyé les pertes les plus élevées. Mais jamais, la détermination de ses soldats n’en a été ébranlée dans la traque des grands noms du terrorisme au Mali. Les forces de M. Deby ont nettoyé les « grottes de Kidal » avant l’intervention de la Misma puis de la Minisma.

Le retrait des forces armées tchadiennes du Mali, concluant une mission de dix ans sous l’égide de la Minusma, marque la fin d’une ère dédiée à la stabilisation et à la paix. Leur présence dans les localités stratégiques de Tessalit, Aguelhok et Kidal a été essentielle pour la protection des populations civiles et le soutien aux opérations de la Mission de paix des Nations Unies, souligne la Minusma.

Oui, le Tchad est le pays qui a subi les plus lourdes pertes parmi les contributeurs de troupes au sein de la Minusma « Il a vu 82 de ses soldats émérites perdre la vie dans l’exercice de leur devoir. Mais jamais, la détermination de ses soldats n’en a été ébranlée ; jamais l’engagement de ses autorités en faveur de la stabilité régionale n’a été entamée », se félicite la Mission.

Mort au combat de l’adjoint du bataillon des forces spéciales

Le sacrifice ultime de ces soldats est incarné par des figures héroïques telles que le capitaine Abdelrazakh Hamit Bahar, commandant adjoint du bataillon des forces spéciales, à qui, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres a décerné le 26 mai 2022 à titre posthume, la « médaille capitaine Mbaye Diagne pour acte de courage exceptionnel ». Le commandant avait été tué au cours d’une attaque terroriste à Aguelhok en avril 2021, alors qu’il défendait le camp pour protéger la vie de ses collègues et éviter toute victime civile.

Au cours des cinq dernières années, 98 mines ont été recensées dans les localités de Tessalit et Aguelhok. Un sacrifice salué par le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies au Mali El-Ghassim Wane au cours d’une cérémonie d’adieu à des Casques bleus tchadiens morts à la suite de l’explosion d’engins explosifs en octobre 2022.

Il faut rappeler que l’essentiel de troupes tchadiennes envoyées au Mali appartenaient à la DGSSIE, qui joue au sein de l’armée tchadienne le rôle habituel dévolu aux gardes présidentielles en Afrique. Ces troupes sont parmi les mieux équipées et les mieux traitées. Et ces troupes étaient commandées à l’époque par Mahamat Idriss Déby Itno, un des fils du président, aujourd’hui Président de la transition du Tchad.

1400 soldats tchadiens débarquent dans le nord avec la Misma et la Minusma

On se souvient aussi qu’avant même que les forces africaines sous régionales organisées dans le cadre de la Misma (Mission des Nations unies au Mali) et la Minusma commençaient un déploiement dans les grandes villes du sud du Mali, 1 400 soldats tchadiens entraient au Mali par l’Est, après avoir traversé le Niger au nord du lac Tchad avant garde d’un contingent promis de 2 000 hommes. En compagnie des troupes française, ils se dirigeaient vers l’Adrar des Ifoghas, où subsistaient les principales bases et concentrations des forces ennemies. Là, les troupes tchadiennes avaient mené de durs combats où ils ont perdu plusieurs hommes. Qu’à cela ne tienne, ils ont poursuivi leurs missions avec bravoure et détermination. Les cachettes des terroristes dans les grottes ont été bombardées sans pitiés par les forces tchadiennes comme pour dire que les combattants d’Idriss Deby (Paix à son âme) n’étaient pas venus au nord du Mali pour faire du tourisme. Ils ont tout simplement assuré la mission assignée.

La mort de plusieurs centaines de combattants du Mujao, d’ansardine, d’Aqmi dont des principaux leaders islamistes : Abou Zeid, Mokhtar Belmokhtar, Oumar Ould Hamaya bref des grands noms du terrorisme international sont à leur actif, selon leur état-major « Nous avons combattu les terroristes sans calcul à tel enseigne qu’on a pensé être en territoire tchadiens », se souvient un capitaine du contingent.

Mais au fil du temps, sous commandement de la Misma et de la Minusma, le contingent tchadien était obligé de se soumettre à la ligne directrice onusienne. Toute chose qui a changé de donne sur le terrain. Autrement dit, avec le mandat onusien, il n’était plus permit aux contingents Tchadiens de se battre comme cela a été le cas. Les Maliens retiennent des troupes tchadiennes, le signe de la bravoure et d’une sincère amitié.

Les derniers soldats du Tchad déployés au sein de la Minuma ont quitté la région de Kidal lors de la fermeture du camp le 31 octobre 2023 par une route plus de 350 kilomètres en direction de Gao. Et l’histoire retiendra que les troupes tchadiennes n’ont pas fait de la dentelle face aux terroristes au nord du Mali.

Amadou Sidibé

Source : Arc-En-Ciel

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