‘’Sans Détour’’ / projet de Constitution : vulgarisation ou précampagne ?

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« Nous sommes en démocratie. Donc, je vous invite à convaincre avec des arguments nécessaires tous ceux qui sont toujours résistants au projet de Constitution. C’est un débat d’idées… » C’est par ces propos que le Premier ministre, Dr. Choguel Kokalla Maïga, a instruit aux membres de son gouvernement, le 15 mai 2023 au Centre international de Conférence de Bamako, à procéder à la vulgarisation du projet de Constitution.

C’est donc parti. Chaque ministre est désormais en mission du gouvernement selon sa compétence et son domaine d’intervention. Au dire du Premier ministre, ce processus qui est porté par le gouvernement, concerne l’ensemble des forces vives de Bamako et celles de toutes les régions du pays.

Selon nos informations, le bureau régional du Mécanisme opérationnel de coordination (MOC) a déjà organisé le 19 mai 2023 une rencontre d’échanges et de vulgarisation autour dudit Projet de Constitution à Gao. A Bamako comme les autres régions du pays, ainsi que dans les représentations diplomatiques du Mali à l’extérieur, des rencontres similaires doivent également être organisées en vue de partager le contenu du projet avec les compatriotes.

Certes, le gouvernement soutient qu’il s’agit juste d’informer l’ensemble des Maliens à l’intérieur comme l’extérieur sur le contenu du projet afin de lever toute équivoque avant le jour du scrutin prévu le 18 juin 2023, mais il faut reconnaître que ce processus se veut aussi de convaincre les populations à adhérer au projet, donc une campagne sans le dire. Parce que, en principe, le même texte a fait l’objet de plusieurs disséminations auprès des mêmes populations par la Commission de rédaction et celle de la finalisation du projet.

Il faut le dire, en analysant ce processus de vulgarisation du projet par les membres du gouvernement et autres services publics sous les ordres du Premier ministre, l’on se rend compte qu’il n’a rien de différence avec une campagne électorale qui n’est pas encore ouverte. Alors que le projet de Constitution, une fois approuvé par le chef de l’Etat, la priorité devrait être de le rendre accessible pour tous les Maliens à tous les niveaux et de donner le temps à chacun de s’approprier du contenu avant l’ouverture de la campagne qui devrait être le moment idéal pour poser le vrai débat de fond de manière responsable et professionnelle.

En toute vérité, si c’étaient les partis politiques, encore hostiles au projet, qui organisaient ces rencontres pour exprimer leurs opinions aux populations, la réaction du gouvernement serait très vive. Il pourrait même se focaliser sur la non ouverture de la campagne.

Alors pour que tous les processus électoraux soient transparents et apaisés, il va falloir que chaque partie respecte les règles du jeu.

Ousmane BALLO

Source : Ziré

Last Updated on 25/05/2023 by Ousmane BALLO