Accidents de travail et de trajets : l’INPS donne les chiffres

Entre 2020 et 2022, soit sur une période de trois ans, l’Institut national de Prévoyance sociale (INPS) a relevé 1500 cas d’accidents de travail au Mali, dont 1029 d’accidents de trajets soit les 70% des cas et quinze décès. Aussi, sur la même durée, l’INPS a dénombré 8 000 cas d’accidents de circulation pour au moins 1 000 décès. Ces chiffres ont été révélés à l’issue de la 27e Journée africaine de la prévention des risques professionnels (JAPRP).

À l’instar du continent africain, le Mali à travers l’Institut national de Prévoyance sociale (INPS) a célébré la 27e édition de la Journée africaine de la prévention des risques professionnels (JAPRP), couplée à la 21e édition de la Journée mondiale de la Santé et de la Sécurité au Travail (JMSST), le 26 avril 2023.

Accompagné de ses collègues, le directeur général adjoint de l’INPS, Dr Mamadou Bakary Diakité était face à la presse pour la circonstance. L’objectif de cet échange avec les hommes de médias était non seulement de lancer des activités commémoratives de la Journée africaine dédiée à la prévention des risques professionnels, mais aussi de réfléchir sur les préoccupations d’intérêt général portant sur la prévention des risques professionnels.

Cette année, le choix porte sur le secteur des transports et le thème retenu est : « La sécurité et santé au travail à l’épreuve de la sécurité routière : quelle synergie d’action entre les acteurs publics et privés ? » ; avec pour sous-thème : « Impacts socio-économiques et prévention des accidents liés aux déplacements routiers : obligations et rôle de l’employeur ».

L’occasion donc a servi de cadre pour faire le point sur les différents cas d’accidents au Mali, surtout sur les cas d’accidents de travail. Dans son intervention, Dr Mamadou Bakary Diakité expliquera que sur 1500 accidents de travail déclarés à l’INPS entre 2020 et 2022, l’on note 1029 accidents de trajets (routes) soit 70 % des cas et quinze décès. « Vingt  pourcent de ces accidents ont occasionné un arrêt de travail de plus de quinze jours et une prise en charge de plus d’un milliard cinq cent (1 500 000 000) francs CFA à titre de réparation », a-t-il déclaré.

Ces chiffres demeurent assez préoccupants selon lui surtout compte tenu du faible taux de déclaration des accidents de travail et des maladies professionnelles. Le directeur général adjoint de l’INPS estime aussi que ces chiffres appellent de la part des différents acteurs, une prise de conscience soutenue pour infléchir sur cette courbe.

Une réalité africaine ?

Pour Dr Diakité, le Mali n’est pas un cas isolé par rapport à cette réalité sur le continent. « Ces statistiques, loin d’être un cas particulier ni pour l’Institut national de Prévoyance sociale, ni pour le Mali, sont une réalité partagée en Afrique, avec des conséquences indéniables qui plombent nos économies. C’est donc à juste titre que l’Interafricaine de Prévention des Risques professionnels (IAPRP) a porté son choix cette année sur le secteur des transports routier », a-t-il dit.

Il s’agit donc d’une occasion pour l’INPS de réfléchir sur les défis de santé et de sécurité encourus par les travailleurs de ce secteur, leurs impacts socio-économiques, les solutions pour leur atténuation, les obligations des employeurs du secteur qui font également appel aux responsabilités des travailleurs, sans oublier l’exploration des partenariats publics-privés possibles.

« Environ 8 000 accidents enregistrés au Mali chaque année »

Dans le même discours, Dr Mamadou Bakary Diakité a expliqué que selon les statistiques officielles du ministère des Transports et des Infrastructures, ces trois dernières années, environ 8 000 accidents ont été enregistrés chaque année au Mali avec au moins 1.000 décès. « La plupart de ces accidents sont liés au comportement humain (excès de vitesse, état d’ébriété, mauvais dépassement, etc.), ainsi qu’à l’état des véhicules, de la route et parfois les conditions climatiques », a-t-il ajouté.

Concernant la Sécurité et la Santé au Travail (SST), l’INPS estime que le transport routier demeure non seulement un secteur stratégique de développement économique, mais aussi l’un des secteurs les plus préoccupants dans le sens où celui-ci regorge d’énormes défis de protection des travailleurs de ce secteur d’activités ou ceux sur leurs trajets professionnels de protection de l’environnement dans les cas des transports des matières dangereuses.

Amadou Kodio

Source : Ziré