Sahel : L’ONU appelle à des élections inclusives et transparentes en 2024

La Représentante spéciale adjointe pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS), Mme Giovanie Biha, a récemment présenté le rapport du Secrétaire général au Conseil de sécurité. Ce rapport couvre les développements et les tendances en Afrique de l’Ouest et au Sahel au second semestre 2022. Politique et gouvernance, situation socio-économique, sécuritaire et humanitaire, élections, droits de l’homme, genre, sont quelques-unes des questions abordées dans ce document. Lequel met l’accent sur des élections inclusives et transparentes avant le premier trimestre 2024 pour améliorer la situation qui prévaut dans ces pays.

Dans ce document, Mme Giovanie Biha a souligné que certains pays d’Afrique de l’Ouest et du Sahel ont continué à faire des progrès démocratiques, tandis que d’autres sont toujours confrontés à l’insécurité combinée à des crises humanitaires ainsi qu’à un déficit de bonne gouvernance. La situation sécuritaire dans la sous-région a continué de se détériorer, en particulier dans le centre du Sahel, notamment au Burkina Faso et au Mali, estime-t-elle. “Malgré les efforts des forces de sécurité nationales et des partenaires internationaux, l’insécurité s’est à nouveau détériorée dans une grande partie de la région”, a déclaré Mme BIHA.

Selon elle, la situation humanitaire est alarmante dans certains pays du Sahel, qui continuent de « faire face à des défis multidimensionnels, des niveaux de sécurité et des défis humanitaires sans précédent, une instabilité sociopolitique, encore aggravée par l’impact du changement climatique, et une insécurité alimentaire exacerbée » par le conflit russo-ukrainien.

Elle a attiré l’attention sur la situation de millions d’enfants de la région qui n’ont pas accès à l’éducation suite à la fermeture de dix mille écoles pour cause d’insécurité. “Des groupes non étatiques se battent pour la suprématie, poussant les États à la marge et causant une misère indicible à des millions de personnes qui ont dû quitter leur communauté pour chercher la sécurité“, a-t-elle indiqué. A cet égard, Mme BIHA a encouragé les dirigeants de la région « à intensifier les durs efforts collectifs de lutte contre l’insécurité dans le cadre de l’Initiative d’Accra ». “Une approche holistique est nécessaire et la création de la Force conjointe de l’Initiative est un développement important à cet égard“, a-t-elle souligné.

L’insécurité s’est à nouveau détériorée dans une grande partie de la région

Au niveau politique, Mme BIHA a souligné que “l’UNOWAS travaille avec les parties prenantes et les partenaires nationaux pour promouvoir le consensus politique et assurer des conditions de concurrence équitables avant les élections prévues avant le premier trimestre 2024 au Sahel “. C’est ainsi qu’elle a salué la présidentielle au Nigéria, le 25 février dernier et les législatives au Bénin, le 8 janvier dernier. Elle a de même loué les efforts des acteurs nationaux, régionaux et internationaux, qui ont abouti à des accords sur la durée des transitions au Burkina Faso et en Guinée. “Malgré les efforts des forces de sécurité nationales et des partenaires internationaux, l’insécurité s’est à nouveau détériorée dans une grande partie de la région” a-t-elle alerté. Elle a assuré de l’engagement actif et continu d’UNOWAS au profit des trois pays en crise actuellement dans la zone à savoir le Mali, le Burkina Faso et le Niger.

La Représentante spéciale adjointe a en outre encouragé « le système des Nations Unies à continuer de soutenir les pays concernés en se concentrant sur le traitement des griefs qui sont à l’origine des coups d’État ». Mme BIHA s’est également félicitée du fait que « plusieurs pays de la région ont adopté une nouvelle législation nationale en faveur de la parité dans la participation à la prise de décision politique, après des années de plaidoyer soutenu ».

La Représentante spéciale adjointe a enfin réitéré l’engagement d’UNOWAS à continuer d’appuyer les acteurs nationaux et régionaux pour renforcer la paix et la stabilité en Afrique de l’Ouest et au Sahel, tout en mentionnant que « UNOWAS travaille avec le Bureau du Coordonnateur spécial pour le développement au Sahel ainsi qu’avec la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ».

Cheick B CISSE

Source : Le Wagadu