Défense – Réformes  Institutionnelles –Diplomatie : revue des grands  chantiers de la Transition

Le retour de la paix et de la sécurité, la réconciliation nationale, la lutte contre la corruption, l’apaisement du front social, la relance économique et l’organisation des élections générales libres et crédibles… Ce sont là autant de défis (urgences ?) pour les Autorités de la Transition. Parmi ces urgences, le processus des réformes sont inscrites  au rang des priorités. Ces reformes touchent des domaines clés : Défense  et Sécurité,  Refondation des institutions, Diplomatie.

En effet, parmi les axes prioritaires de refondation se trouve la question sécuritaire, qui préoccupe  les Maliens. En sept ans, l’ancien Président IBK n’a pas réussi à ramener la paix dans le Nord. Pis, les troubles gagnaient du terrain et les six principales organisations jihadistes ont étendu leurs zones d’influence jusqu’au Centre du pays. Outre la menace terroriste, un nouveau foyer de violence a fait son apparition au cours de ces dernières années dans le Centre du pays qui s’est embrasé. C’est la crise intercommunautaire. De façon générale, pendant le mandat du Président IBK, il y a eu plus de morts au Mali du fait du conflit que pendant les 60 années précédentes, de 1960 à 2020.

Face à cette situation désastreuse, les Autorités de la Transition ont mis  un accent particulier sur le recouvrement  de l’intégrité territoriale et la souveraineté nationale gravement compromises depuis plusieurs années par l’action des groupes armés qui sévissent dans les Régions du Nord et du Centre.  Des mesures fortes ont été engagées notamment le déclenchement de plusieurs opérations militaires d’envergures  à travers le pays, l’acquisition d’équipements militaires dont des drones et des  aéronefs adaptés aux réalités géographiques. Ainsi, on note une amélioration significative de la gouvernance de la sécurité  qui a permis aux forces de défense et de sécurité d’assurer efficacement leurs missions ; le redéploiement de l’État sur certaines parties  du territoire national ; la consolidation de la Décentralisation ; la réconciliation nationale et l’appui public aux victimes des conflits.  

 Refonder les Institutions

L’autre vaste chantier entrepris par la transition est celui  des réformes institutionnelles. Ces réformes sont nécessaire car une des dimensions structurelles de la crise profonde que traverse le Mali est imputable aux faiblesses, limites et lacunes de son système institutionnel, devenues criantes en 2020 : il est en conséquence nécessaire de traiter en profondeur leurs symptômes, en allant bien au-delà des détails. 

A en croire, Ibrahim  Ikasa Maïga, ministre de la refondation, le parachèvement du processus de réorganisation territoriale ; l’élaboration et l’adoption d’une nouvelle constitution ; l’assainissement des partis politique ; la réforme du système électoral ; et la poursuite du chantier de la régionalisation sont, entre autres, les priorités du gouvernement de la Transition concernant les réformes politiques et institutionnelles.  En effet, le pays a besoin d’innovations institutionnelles pour assurer son équilibre précaire.

Déjà plusieurs acquis : l’adoption  par le Conseil National de la Transition (CNT)  de plusieurs projets de loi relatif à la réorganisation territoriale  (six projets), la mise  en place de l’organe de l’Autorité indépendante de gestion des élections (AIGE) (installé dans ses misions le  mardi 10 janvier 2023 par le Président de la Transition).

Par ailleurs, le processus d’élaboration d’une nouvelle Constitution  est engagé. En octobre 2022, le projet de Constitution a été  présenté au Président de la Transition  le colonel   Assimi Goïta. Ce projet de révision Constitutionnelle vise notamment à mettre en œuvre certains engagements de l’accord pour la paix et la réconciliation au Mali signé en 2015, en confiant un rôle accru aux collectivités territoriale. Cette réforme constitutionnelle est avant tout nécessaire. Donc il s’agira pour les autorités de la transition de créer les conditions de consensus pour que cette révision puisse se dérouler dans un climat apaisé.

En ce qui concerne  la régionalisation, l’objectif des Autorités de la transition porte sur une meilleure adéquation entre les ressources transférées et les fonctions assumées pour conserver au dispositif mis en place sa crédibilité. La vocation économique de la Région devant être réaffirmée, car la Région dans doit servir de point focal pour accélérer le développement. Régionaliser, c’est, reconnaître une prééminence du niveau régional pour coordonner et intégrer les politiques de l’État et les programmes des collectivités territoriales, dans le respect de l’autonomie de celles‐ci et de leurs compétences respectives. La Région doit être assez forte pour développer des fonctions que les communes ne peuvent envisager, mais proche d’elles pour aider à mettre en œuvre les projets et faire émerger des priorités adaptées et partagées.

 Diplomatie : Le Mali impose le respect

Le respect du Mali et de ses institutions : C’est désormais l’exigence que les nouvelles autorités du pays veulent imposer à tous y compris aux diplomates étrangers en poste à Bamako. Forts de cette conviction,  le Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga,  le ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération Internationale, Abdoulaye Diop, ont toujours  affirmé haut et fort que les trois principes qui guident désormais le partenariat du Mali avec les autres : Respect de la Souveraineté du Mali, respect des choix stratégiques du Mali, et  prise en compte des  intérêts du peuple malien.

Mémé Sanogo

Source : L’Aube

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