Guillaume Ngefa-Atondoko Andali : cet autre diplomate chassé de Bamako !

Le respect du Mali et de ses institutions, la non-ingérence dans les affaires intérieures maliennes, le respect scrupuleux des choix du peuple malien : Ce sont là dorénavant   des exigences que les nouvelles autorités du pays imposent à tous les partenaires du Mali y compris aux diplomates étrangers en poste à Bamako.  Et le Mali n’est plus cette cour de récréation où n’importe qui peut se comporter  n’importe comment. Pour ne pas avoir compris ces exigences, quatre diplomates étrangers ont été tout simplement  sommés de faire leurs bagages et de quitter le territoire national. Le dernier est le  chef de la division droits de l’homme de la Minusma, Guillaume Ngefa-Atondoko Andali. Il emboite le pas à trois autres diplomates étrangers qui, depuis l’avènement de la transition, ont été chassés du Mali : Olivier Salgado, porte-parole de la Minusma, Hamidou Boly, représentant spécial de la CEDEAO au Mali et Joël Meyer, ambassadeur de France au Mali.

L’affaire dite Aminata Dicko, cette dame qui est intervenue à la tribune du conseil de sécurité de l’ONU au nom de la société civile malienne a connu la semaine dernière un rebondissement avec l’expulsion de ce cadre de la Minusma, Guillaume Ngefa-Atondoko Andali. La décision du Gouvernement malien a été portée à la connaissance  de l’opinion  par un communiqué signé du ministre des affaires étrangères et de la coopération internationale .Le diplomate congolais n’a bénéficié que de 48 petites heures pour faire ses valises et quitter le territoire malien.

 Pourquoi cette décision ? « Cette mesure fait suite aux agissements déstabilisateurs et subversifs de Monsieur ANDALI, en violation flagrante des principes et obligations que doivent observer les fonctionnaires des Nations Unies et tout diplomate accrédité au Mali, conformément aux conventions intemationales pertinentes », selon le communiqué du gouvernement.

Ce n’est pas tout. Le communiqué poursuit : « En effet, à l’occasion des différentes sessions du Conseil de Sécurité des Nations Unies sur le Mali, les actions de Monsieur ANDALI ont consisté à sélectionner des usurpateurs s’arrogeant le titre de représentant de la société civile malienne, en ignorant les autorités et les institutions nationales. »

Aussi le Gouvernement malien précise que M ANDALI n’a jamais réussi à prouver les critères objectifs qui lui ont permis d’identifier les représentants de la société civile qu’il a utilisés… « La partialité de Monsieur ANDALI a été encore plus manifeste lors du dernier examen du Conseil de Sécurité des Nations Unies sur le Mali » indique le communiqué.

Hamidou Boly–-Olivier Salgado- Joël Meyer : Indésirables à Bamako !

L’expulsion de Guillaume Ngera-Atondoko ANDALI intervient après celles de trois autres diplomates en poste à Bamako. Le représentant spécial de la CEDEAO, Hamidou Boly, a été le premier diplomate à être expulsé de Bamako par les Autorités de la transition. C’était  le 25 octobre 2021. Motif de la mesure : Des « agissements incompatibles » avec son statut. Ce diplomate de nationalité burkinabé  n’a eu que 72 petites heures pour quitter notre pays.

L’expulsion la plus retentissante aura été celle de Joël Meyer, Ambassadeur de France au Mali. En effet, le diplomate français s’est vu notifié « le carton rouge » le 31 janvier 2022. Il n’a eu que 72 heures pour quitter le sol malien.  L’expulsion de Joël Meyer est consécutive à des propos  tenus par l’ancien Ministre français des Affaires Etrangères, Jean-Yves Le Drian. Celui-ci dans une de ses incessantes attaques verbales contre les Autorités de la transition, a définitivement scellé le sort de son diplomate en poste à Bamako.

Explication donnée à l’époque par le Gouvernement malien :  « cette expulsion fait suite aux propos hostiles et outragés du ministre français de l’Europe et des affaires étrangères tenus récemment, à la récurrence de tels propos par les autorités françaises à l’égard des autorités maliennes en dépit des protestations maintes fois élevées ».

Le ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale, Abdoulaye Diop, avait précisé que : « Ces déclarations tendent à remettre en cause et la légalité et la légitimité des autorités auprès desquelles l’ambassadeur de France est accrédité (…) Vous ne pouvez pas être accrédité auprès d’autorités que vous-mêmes vous ne reconnaissez pas ».

Quelques mois plus tard, le 20 juillet 2022, ce fut au tour d’un autre diplomate de la Minusma d’être chassé de notre pays .Il s’agit de Olivier Salgado. Les Autorités maliennes lui ont  reproché d’avoir publié  des « informations inacceptables » sur l’affaire des 49 militaires ivoiriens arrêtés à Bamako pour tentatives de déstabilisation. Et le ministre Diop avait précisé  que  cette décision du Gouvernement malien intervenait  « après plusieurs mises en garde adressées à l’intéressé à travers sa hiérarchie ».

Mémé Sanogo

Source : L’Aube