Rapport trimestriel de l’ONU : la réplique de Diop !

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Lutte contre le terrorisme, réformes politiques et institutionnelles, la réorganisation administrative et territoriale, la mise en œuvre de l’Accord de paix, l’organisation du référendum et des élections… Ce sont là autant d’éléments sur lesquels porte le rapport trimestriel du Secrétaire général des Nations Unies sur le Mali, dont l’examen a eu lieu le 27 janvier 2023 au siège de l’organisation, en présence du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop.

Dans son intervention, le ministre Diop estime que le gouvernement du Mali prend, certes, note de ce rapport, mais met en cause l’objectivité de l’évaluation et pense que les recommandations  sur le mandat de la MINUSMA ne reflètent pas forcément les attentes du peuple malien. « A première vue, nous constatons que les propositions contenues dans ce document ne prennent pas en compte les attentes légitimes du peuple malien qui, comme vous le savez, sont avant tout, d’ordre sécuritaire. En effet, les préconisations du Secrétaire général se limitent, pour l’essentiel, à des variations du nombre de personnel de la MINUSMA ou sa transformation en une Mission politique spéciale », a-t-il souligné.

En réponse au Secrétaire général de l’ONU qui affirme dans son rapport avoir recensé 172 violations et atteintes aux droits humains, dont 26 auraient été perpétrées par les forces armées nationales, M. Diop souligne que le gouvernement regrette qu’une fois de plus, le rapport du Secrétaire général passe sous silence les efforts et les actions menés par les Forces de défense et de sécurité maliennes dans le cadre de la sécurisation du territoire et de la protection des civils, au grand bonheur des populations maliennes, même si nous reconnaissons que des défis importants existent toujours par endroit.

« Les forces de défense et de sécurité du Mali (FDSM) restent déterminées à poursuivre les actions offensives, lancées en décembre 2021 et visant à prévenir et à combattre les attaques indiscriminées ou de représailles des groupes extrémistes contre nos populations civiles et leurs biens. Cette posture offensive des FDSM a permis non seulement la neutralisation de nombreux terroristes et la destruction de leurs sanctuaires mais aussi, la reddition volontaire de plusieurs d’entre eux, notamment dans les régions de Douentza et de Mopti », a-t-il ajouté.

Sur la question des droits de l’homme, M. Diop, après avoir noté la réduction de 58 % des cas de violations des droits de l’homme au Mali constatée par le Secrétaire général, a rappelé que des opérations offensives ont été engagées par les forces de défense et de sécurité du Mali contre des groupes extrémistes, dans le strict respect des droits de l’homme et du droit international humanitaire, mais également de la présence accrue de l’Etat sur une bonne partie du territoire national. « Je puis vous assurer que le gouvernement du Mali, tout en s’opposant fermement à toute instrumentalisation ou politisation de la question, continuera d’œuvrer inlassablement pour la protection et la promotion des droits de l’homme sur notre territoire et ceci, conformément à nos valeurs ancestrales humanistes, réaffirmées dans nos engagements nationaux et internationaux contemporains », a-t-il martelé.

Par ailleurs, le ministre s’est félicité devant les membres du Conseil des Nations Unies des efforts notoires des Forces de défense et de sécurité du Mali dans la lutte contre le terrorisme afin de permettre aux populations de vivre en sécurité. Diop poursuivra tout en félicitant le Mali de la réduction de 58% des cas de violations des droits de l’homme tel que noté dans le rapport des Nations unies sur l’examen du dernier trimestre.

«En effet, le gouvernement, dans sa volonté de refonder l’Etat malien, poursuit la mise en œuvre des réformes politiques et institutionnelles dans le cadre d’un processus transparent et inclusif. A cet égard, il me plaît d’informer le Conseil que, suite à la remise du projet de nouvelle Constitution à S.E. Le colonel Assimi Goïta, président de la Transition, chef de l’Etat, la Commission de finalisation poursuit les concertations avec les forces vives de la nation, afin de parvenir à un texte fondamental de large consensus autour des aspirations profondes du peuple malien. A l’issue de ces consultations, le gouvernement se propose de soumettre le projet de Constitution à la décision finale des Maliennes et des Maliens par référendum, prévue en mars 2023 », a-t-il clarifié.

Diop rassure !

De la même manière, le chef de la diplomatie malienne estime que le gouvernement du Mali s’attèle résolument à la mise en œuvre des autres actions prioritaires inscrites à son chronogramme, notamment l’élection des conseillers des collectivités territoriales en juin 2023 ; l’élection des députés à l’Assemblée nationale en octobre et novembre 2023 ; et l’élection du président de la République en février 2024.

Car, a-t-il ajouté, le retour à l’ordre constitutionnel est une volonté absolue du gouvernement de la Transition. D’où, l’installation, selon lui, le 10 janvier 2023, des membres de l’Autorité indépendante de Gestion des Elections (AIGE) par le président de la Transition. « En outre, la première réunion conjointe entre cette Autorité et le Comité de pilotage du référendum et des élections générales s’est tenue le 23 janvier 2023 », a-t-il laissé entendre.

Concernant la mise en œuvre du processus DDR, Abdoulaye Diop a noté des avancées remarquables. « Je puis vous assurer que des progrès indéniables ont été réalisés, notamment dans le cadre du processus de DDR accéléré avec l’intégration dans les forces de défense et de sécurité nationales, de 1718 ex-combattants, provenant de la CMA, de la Plateforme et de l’Inclusivité. Le gouvernement œuvre également à l’élaboration du nouveau programme DDR 2023-2027 et du programme d’intégration 2023-2025 pour renforcer davantage le processus. Toujours dans sa volonté de diligenter la mise en œuvre de l’Accord, le gouvernement a adopté en Conseil des ministres, le 18 octobre 2022, la décision portant création de la Commission ad hoc chargée de résoudre les questions en suspens, relatives à la chaîne de commandement au sein des Forces de défense et de sécurité nationales et à l’intégration des hauts fonctionnaires civils des mouvements signataires dans les institutions gouvernementales », a-t-il expliqué.

D’autre part, concernant l’Accord pour la paix et la réconciliation, issu du processus d’Alger, M. Diop a renouvelé les engagements du gouvernement. « Je voudrais réitérer ici, l’engagement du gouvernement à poursuivre la mise en œuvre diligente de l’Accord pour la paix et la réconciliation, car nous restons convaincus que c’est la voie essentielle pour une stabilité durable du Mali », a-t-il soutenu.

Amadou Kodio

Source : Ziré