62ieme sommet de la CEDEAO, le Mali au cœur du débat : Le Communiqué final est-il une perche tendue à Assimi ?

La  62è session Ordinaire de l’autorité des chefs d’État et de gouvernement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) s’est tenue le dimanche 4 novembre 2022 à Abuja République Fédérale du Nigeria. Les sujets abordés étaient relatives aux  questions politico-sécuritaires, économiques et financières des pays membres. Au cours de cette session les chefs d’Etats et de gouvernements de l’organisation sous régionale ont examiné les rapports sur l’état de la Communauté, les transitions au Mali, en Guinée et au Burkina Faso. Le point d’orgue du sommet a été de  demander au Mali de libérer les 46 soldats ivoiriens détenus au Mali.

Tous les regards des Etats de la sous-région sont tournés vers le Mali, après la 62ième session ordinaire des chefs d’Etats et de gouvernements de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’ouest, CEDEAO, afin de voir jaillir la fumée blanche, celle annonçant  la libération des 46 soldats ivoiriens incarcérés au Mali.  Le Communiqué final, au-delà des supputations et autres folles rumeurs, n’a été qu’une demande policée aux autorités maliennes pour plus de coopération avec ses voisins et surtout une concession majeure sur la question des soldats ivoiriens.  En effet, depuis le 10 juillet dernier les autorités maliennes ont arrêté des soldats ivoiriens qu’elles ont  qualifié des’’ mercenaires’’ car elles n’avaient pas été informées de leur mission par les autorités ivoiriennes disent-elles.  Cette affaire empoisonne les relations séculaires et multiformes qui lient le Mali à la Côte d’Ivoire. C’est pourquoi loin d’une ingérence dans les affaires bilatérales de deux pays, la CEDEAO voudrait éviter un affrontement entre ces deux pays ce qui serait une menace à la paix sous régionale, voire mondiale, surtout dans un contexte marqué par la lutte contre le terrorisme. Il revient aux autorités maliennes de donner maintenant une suite favorable à la requête de la CEDEAO afin que le Mali puisse retrouver toute sa place dans le concert des nations particulièrement dans la sous-région. Assimi Goïta a une autre occasion de redorer son blason en acceptant cette perche tendue par la CEDEAO, car rien qu’à en juger par le communiqué final, l’organisation sous régionale semble avoir la volonté d’aider le Mali à sortir de cette crise multidimensionnelle, afin qu’il renoue avec la bonne marche des pays sans coup d’Etat.

En somme,  il est temps que le Mali cherche à quitter  son isolement pour intégrer la société des nations.

Oumou SISSOKO              

Source : L’Alternance