‘’Sans Détour’’ / Gestion de la transition : que les autorités se ressaisissent !

Un autre round décisif dans la gestion de la transition ? Pour l’heure, rien n’est encore clair. Ce qui est sûr, s’il devait y en avoir, ce serait certainement celui caractérisé par des revendications syndicales. Aujourd’hui, les différentes doléances déjà déposées sur la table du gouvernement par les élèves et étudiants ; les enseignants, ainsi que les magistrats constituent un signal fort à l’endroit des autorités de la transition et risquent de changer même la donne. Surtout quand on sait que ces revendications interviennent au moment où le pays semble être dans une sorte de blocus.

Quoi qu’on dise, cette nouvelle grogne trouve sa source dans les récentes décisions politiques qui ont surpris la majeure partie de la force vive de la nation. Il s’agit de l’augmentation des membres du Conseil national de Transition (CNT), dont le budget passe de 9 milliards FCFA à près de 13 milliards FCFA. Il y a également l’augmentation du budget de la présidence de la République qui doit passer de 18 milliards FCFA à 22 milliards FCFA en 2023.

Oui, c’est là où se situent tous les problèmes. Les différents syndicats qui avaient suspendu leurs revendications en raison de la situation économique du pays, s’attendaient plutôt à une réduction de dépenses, surtout au sein des institutions de la République. Mais hélas ! C’est le contraire qui se produit.

Il faut le dire, l’augmentation des membres du CNT ne peut que créer une incidence financière à l’Etat. Au même moment, elle aura difficilement un impact positif sur les décisions à prendre. Quant à l’augmentation du budget de la présidence de la République de quatre milliards FCFA, qui intervient au moment où l’on parle de réduction du train de vie de l’Etat, c’est pratiquement aberrant. Parce que ces décisions sous-entendent que la situation économique du pays s’est normalisée. Dès lors, les syndicats ont le droit de réactiver les doléances.

La vérité, c’est qu’il n’en est rien. D’ailleurs,  les autorités de la transition doivent faire extrêmement attention en cette période très sensible. Il est inconcevable qu’au moment où aucune solution concrète n’est proposée pour répondre de manière efficace à la vie chère, le peuple assiste à des augmentations de budgets pour des raisons politiques qui n’apportent absolument rien. Aujourd’hui, le Mali n’a besoin d’aucun autre bras de fer ou front social. Donc, les autorités ont intérêt à se ressaisir pendant qu’il est encore temps.

Ousmane BALLO

Source : Ziré