Mobilisation patriotique, la deuxième leçon du Burkina

L’élève a-t-il surplombé le maître ? Cette interrogation est très répandue sur les lèvres de ceux qui veulent voir des similitudes entre les deux pouvoirs putschistes du Mali et du Burkina Faso. Après un deuxième coup de force à l’image de la destitution de Bah N’Daou par Assimi Goita, une certaine visite du capitaine IB Traoré à Bamako, sa toute première à l’étranger, aura beaucoup contribué à conforter cette perception. Beaucoup se sont en effet empressés de l’attribuer à un passage initiatique à l’école malienne avant d’être démentis au fil des épisodes qui singularisent le nouveau régime burkinabé. Celui-ci se distingue notamment par un renoncement volontaire aux émoluments et beaucoup d’autres avantages liés aux hautes fonctions étatiques, la réduction du train de vie de l’Etat en général, la présence d’officiers supérieurs au front en lieu et place des somptueux bureaux, etc. Toutes choses qui différencient nettement la trajectoire du nouveau pouvoir burkinabé du nôtre. Ça n’est pas tout. Les options de l’apprenti putschiste sont en outre confortées par une évidente longueur d’avance de son peuple dans la perception des racines de l’insécurité. En atteste la mobilisation massive des populations burkinabé, la semaine dernière, pour protester contre le phénomène djihadiste au nom duquel par centaines et par milliers certaines de leurs citoyens sont contraints au déplacement pour échapper à la sentence capitale de coreligionnaires. Or il n’est point évident qu’une démarche similaire puisse prospérer au Mali ou même retentir favorablement au Mali tant les autorités paraissent frileuses devant d’éventuelles cellules islamistes potentiellement hostiles à toute indexation de la religion dominante.

Source : Le Témoin