Mali : le CRADESC interpelle sur les conditions de vie et de travail des aides ménagères et domestiques

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Le 19 Octobre 2022, le Centre de Recherche et d’Action sur les Droits Économiques Sociaux et Culturels (CRADESC), en collaboration avec l’Association pour la Défense des Droits des Aides ménagères et Domestiques (ADDAD), a organisé un déjeuner de presse afin de partager les résultats de ses études sur la situation des aides ménagères et domestiques au Mali. Cela, à la suite de trois jours d’échanges et de partage d’expériences avec les différents acteurs intervenant dans le domaine. C’était à l’hôtel Hanadi, sis à Magnambougou.

Au Mali, l’exode rurale bat son plein. Les difficultés financières dans les zones rurales et la crise sécuritaire de la dernière décennie ont, sans doute, favorisé les déplacements massifs des jeunes filles et de garçons vers les grandes villes du Mali et plus particulièrement vers la capitale, Bamako.

Les aides ménagères, une fois à la destination, travaillent dans des conditions extrêmement délicates. Manque de logement ou d’alimentation à hauteur de souhait, ces filles, dont certains sont encore mineures, travaillent sans contrat réel et dans une extrême précarité.

Soucieux des Droits économiques, sociaux et culturels des Travailleuses domestiques, le Centre de Recherche et d’Action sur les Droits Économiques Sociaux et Culturels (CRADESC) a effectué une étude entre 2019 et 2021 au Mali afin de pousser la réflexion autour de la ratification de la Convention 189 de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) par l’État Malien.

Les résultats de cette étude ont été partagés du 17 au 19 octobre 2022 à Bamako, en collaboration avec Association pour la Défense des Droits des Aides ménagères et Domestiques (ADDAD), EDUCO et d’autres acteurs intervenant dans le domaine. Le tout a été soldé par un déjeuner de presse au cours duquel le document et ses résultats ont été présentés aux hommes de médias.

De la présentation de la directrice de CRADESC, Dr Fatima Diallo, il ressort que cette étude, réalisée en 2021, a permis de constater de graves manquements à l’application des règles du travail et des violations des droits et libertés des travailleuses domestiques dont la grande majorité est âgée entre 15-25 ans (64.7%) et entre 12-15 ans (31.37%).

« Aucune de ces femmes et filles interrogées ne dispose de contrat écrit, ni déclarée aux organismes de sécurité sociale ou de contrôle du travail. Le caractère informel du secteur expose les travailleuses domestiques à des conditions de vie et de travail difficiles au sein du domicile de l’employeur : soumission à des longues heures de travail ; absence de congés ; manque d’hygiène et de sécurité du lieu de travail ; traitements dégradants… Malgré la surcharge de travail, le salaire payé par les employeurs est très en deçà du minimum garanti. L’étude a démontré que 93.5% des travailleuses domestiques perçoivent moins de 27.000 francs CFA par mois. De nombreux cas de violences et de harcèlements sexuels ont été également relevés », a-t-elle expliqué.

Des résultats qui ont indigné la présidente de l’Association pour la Défense des Droits des Aides ménagères et Domestiques (ADDAD). « L’étude a montré que le cas du Mali est le plus terrifiant de tous les pays où l’étude a été menée en Afrique de l’Ouest. C’est une situation qui nous interpelle tous et surtout les hommes de médias. Pour l’ADDAD, ce n’est pas qu’un devoir, mais une obligation de venir aux secours de ces jeunes filles », a ainsi alerté Mme Diallo Sitan Fofana.

Amadou Kodio / Afrikinfos-Mali

Last Updated on 21/10/2022 by Ousmane BALLO