Affaire des soldats ivoiriens détenus à Bamako : Les chefs d’Etat de la CEDEAO piégés par Alassane Ouattara

En marge de la 77ème Assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies à New-York, les Chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO se sont réunis au cours d’un sommet extraordinaire pour se prononcer sur la situation au Mali et en Guinée-Conakry. Dans les recommandations issues de ce sommet, les Chefs d’Etat ont décidé la libération sans condition des 46 mercenaires ivoiriens détenus à Bamako depuis le 10 juillet 2022. Ils tombent ainsi dans le piège du Président de la Côte d’Ivoire qui a qualifié lesdits mercenaires en otages.

En sommet extraordinaire des Chefs d’Etat et de gouvernement des pays membres de la CEDEAO (Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest) s’est tenu le jeudi 22 septembre 2022, date anniversaire de notre pays à l’indépendance. C’était à New-York, aux Etats-Unis en marge des travaux de la 77ème Assemblée générale de l’ONU. Un sommet présidé par le nouveau président de la Conférence des Chefs d’Etat de l’organisation sous-régionale aussi président de la Guinée-Bissau et à l’ordre du jour l’examen du rapport du Médiateur de la CEDEAO pour la Guinée et la situation des 46 soldats ivoiriens détenus au Mali.

​A l’issue des travaux, les Chefs d’Etats de la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest se sont jetés du discrédit surtout dans l’affaire dite des 46 militaires arrêtés au Mali le 10 juillet 2022.

​Dans les recommandations, les  Chefs d’Etats de la CEDEAO ont à nouveau, sans surprise, exprimé ouvertement leur mépris  pour le Mali. Si le 09 janvier dernier les Chefs d’Etat de la CEDEAO, sous la houlette du président ghanéen, à l’époque président de la Conférence des Chefs d’Etat de l’organisation, ont condamné les autorités de la transition malienne pour leur refus de respecter les engagements pris à Accra en début juillet pour un retour à l’ordre Constitutionnel, ils se sont plutôt laissés manipulés dans l’affaire dite “les 49 militaires ivoiriens détenus à Bamako”.

​Dans les recommandations prises concernant l’affaire des 46 militaires ivoiriens, la Conférence des Chefs d’Etat de la CEDEAO a examiné le mémorandum présenté par le Président de la Commission de la CEDEAO sur les 46 soldats ivoiriens détenus au Mali. Après des discussions approfondies, les Chefs d’Etat et de Gouvernement ont pris certaines décisions qui sont les suivantes :

​La Conférence a salué les initiatives diplomatiques entreprises par plusieurs Chefs d’Etat de la CEDEAO, qui ont conduit à la libération le 03 septembre 2022, de trois femmes soldats ivoiriennes ; toutefois, la Conférence a noté avec regret le maintien en incarcération des 46 soldats restant, malgré tous les efforts de médiation entrepris par la région. C’est ainsi que la Conférence a condamné avec fermeté, l’incarcération continue des soldats ivoiriens ; dénoncé le chantage exercé par les autorités maliennes dans cette affaire ; demandé la libération sans condition des 46 soldats détenus au Mali. Ainsi, une mission de Haut niveau de la CEDEAO composée des Chefs d’état du Ghana, du Sénégal et du Togo sont attendus à Bamako à l’effet de la libération des soldats ivoiriens.

​Cette mission qui est attendue dès la semaine prochaine à Bamako devrait traduire en acte concret les décisions de la CEDEAO dans le but de contraindre le Colonel Assimi Goïtaà accepter les exigences du président de la Côte d’Ivoire, Alassane Dramane Ouattara. Un président qui, depuis quelques temps, a choisi de jouer la carte de la manipulation dans cette affaire où le Mali cherche à trouver une solution à aimable à travers le processus de dialogue et de négociations entamés par le Président Togolais, Faure Gnasingbé Eyadéma.

​Les conclusions de ce sommet extraordinaire ont visiblement été annoncées avant la tenue même du sommet à travers les interviews du Secrétaire général de l’ONU, Anthonio Gutteres, du Président de la République française, Emmanuel Macron et du président en exercice des Chefs d’Etat de la CEDEAO, Cissoko Umaro Emballo et la déclaration du Président Ivoirien à la tribune des Nations-Unies. Comme pour dire que les absents ont toujours tort. Cette décision a été prise à l’absence du Mali.

Y. SANGARÉ

Source : Le Malien