Mali : l’opérationnalisation du Fonds d’appui à l’Industrie cinématographique en ligne de mire

Le Ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Andogoly GUINDO, a présidé ce jeudi 25 août 2022, l’ouverture des travaux de l’atelier d’échange et de partage sur l’opérationnalisation du Fonds d’appui à l’Industrie cinématographique (FAIC), au Mémorial Modibo KEITA. C’était en présence du directeur général du FAIC, le Dr Bréhima Moussa KONÉ ; du Président de la Fédération nationale du Cinéma et de l’Audiovisuel du Mali, Boubacar Gakou TOURE ; des membres du département de la Culture, etc. L’atelier visait, à travers les échanges et le partage avec les acteurs, à apporter des réponses à la situation de blocage et de non-opérationnalisation du FAIC.

Cette rencontre, selon ses initiateurs, se veut un cadre d’échanges sur les grandes préoccupations du fonctionnement efficace des structures en charge de la gestion et de la promotion du secteur cinématographique et de réflexion à la problématique du financement pérenne du cinéma.

Au cours de cette rencontre, il s’agissait pour les participants de faire une lecture comparée des textes de création, d’organisation et de fonctionnement du FAIC avec ceux d’autres structures similaires pour mieux édifier les acteurs.

De même, il s’agissait identifier les difficultés de similitude et de confusion existantes entre les textes du FAIC avec ceux d’autres structures chargées de la gestion du secteur cinématographique et audiovisuel ; permettre une bonne compréhension, appréhension et vulgarisation des textes auprès de l’ensemble des acteurs, des cadres impliqués dans l’opérationnalisation du FAIC pour mieux faire connaître ses missions.

Pour ce faire, plusieurs panels ont été présentés au cours de ladite rencontre dont, entre autres : ‘’Questions relatives aux textes législatifs et règlementaires portant sur les aspects institutionnels des EPA et Fonds d’appui’’ ; ‘’Questions relatives aux textes législatifs et règlementaires relatifs au circuit de la chaîne des dépenses publiques des EPA et Fonds d’appui’’ ; ‘’Questions relatives aux textes législatifs et règlementaires des structures de gestion du cinéma et des Fonds de soutien d’appui au cinéma I et II’’, etc.

À l’ouverture des travaux, le ministre GUINDO a souligné que dans l’exécution de ses missions, le FAIC est confronté à d’énormes difficultés parmi lesquelles on peut citer : la non-mobilisation de la dotation initiale des six milliards F CFA ; la non-maîtrise des textes de fonctionnement du FAIC par certaines structures administratives telles que celles relevant du ministère de l’Économie et des Finances.

De l’avis du chef du département, cette confusion est la source de tout le blocage dans la mobilisation des fonds et l’opérationnalisation du FAIC, ce qui entraîne un impact néfaste sur le développement de l’industrie cinématographique et audiovisuelle au Mali.

À cela, il faut ajouter la confusion dans la compréhension des textes du FAIC à différents niveaux d’application par rapport à d’autres structures similaires

À en croire le ministre GUINDO, la rencontre du jour est la marque d’attention du Président de la Transition et du Premier ministre à l’endroit de la communauté des cinéastes du Mali à laquelle il est très attaché et à laquelle il accorde la plus grande attention.

Pour lui, le Septième art, le cinéma, est un art majeur, car l’image et le son contribuent à façonner une société, à forger une mémoire collective, gardienne de la cohésion sociale.

Pourtant, si important soit-il, le cinéma peine à trouver son chemin. Le cinéma malien, longtemps cité comme référence dans la sous-région ouest-africaine, traverse une crise sans précédent. Réaliser un film relève presque du parcours du combattant.

Selon le ministre, le Mali, un pays de tradition cinématographique avec plusieurs trophées rapportés, n’a présenté aucun film long métrage en compétition lors des deux dernières éditions du FESPACO en 2019 et 2021.

«C’est le lieu de louer le travail de la nouvelle génération, passionnée, talentueuse qui fait surtout la part belle au court métrage», a-t-il conclu.

Abdoulaye OUATTARA / Afrikinfos-Mali