Vote de la loi électorale : que nous veulent ces politiciens ?

La polémique et les frictions entre l’exécutif et le législatif suite au vote par le CNT de la nouvelle loi électorale sont de nature à faire désespérer le Malien lambda. Les politiciens, principaux auteurs du gouffre dans lequel se trouve notre pays, sont toujours aux aguets. Ils guettent toujours la grande mangeoire publique qu’est devenue le pouvoir et osent se livrer, au vu et au su de tout le monde, à une gymnastique sordide dont l’aboutissement n’est autre que de nuire toujours à la mère Patrie.

Le couteau qui fend son fourreau !

La politique au Mali ou quand le couteau fend son fourreau. C’est de cela qu’il s’agit : agir à l’encontre de l’objectif ultime de la démocratie qui est l’essor du pays.

La politique au Mali est nauséabonde. Entre les affirmations tonitruantes suivies de contradictions flagrantes, des acteurs politiques jonglent avec l’espoir des Maliens et l’avenir du pays en toute désinvolture. Rares sont ceux d’entre eux qui misent sur l’honneur après la mort, sur l’immortalité conférée par les actes nobles dont les concitoyens peuvent jouir éternellement. Ce qui compte pour la plupart, ce sont les avantages immédiats ou ce qu’ils pensent l’être. Pour cela, ils vendent leur âme (en ont-ils seulement ?) au diable !

Même la période de transition censée apporter l’accalmie et mettre le pays sur la bonne voie est prise en otage par des hommes politiques et leurs acolytes. Tout est mis en œuvre pour saper la volonté des patriotes qui veulent tourner la page immonde des années de balbutiements politiques qui ont livré le pays aux vautours de tout acabit. Mais hélas ! Ils sont tapis dans l’ombre, prêts à dégainer au moindre prétexte, affublés d’une mauvaise foi extraordinaire.

Le spectacle désolant offert aux Maliens lors du vote du projet de nouvelle loi électorale, démontre que nombre de personnes choisies pour conduire la destinée de ce pays ne savent pas faire preuve de hauteur pour atteindre la stature d’homme d’État. La bienséance, pilier majeur de notre « maya » (humanisme, courtoisie) a pris un sérieux coup pendant ces joutes. La rancœur s’est étalée, la vengeance mal contenue. Nous avons, alors, assisté à une animosité froide consécutive, dit-on, à un refus préalable du Gouvernement d’écouter une certaine classe politique. Et le Conseil National de la Transition, jouant le rôle d’assemblée élue a voulu redresser le…tort.

Prenant sur lui seul la responsabilité, il a fait des écoutes tous azimuts et a changé le document initial. L’initiative en elle-même est bonne, même salutaire. Toutefois, elle peut être un piège pour la démocratie et maintenir le statu quo rendant inutile toutes les énergies déployées en faveur de l’objectif « Mali Kura » car là encore, la politique politicienne, c’est-à-dire celle prédatrice est à l’affût. Le camp qui s’oppose aujourd’hui parce qu’il n’est pas au pouvoir, pourra être le même qui va défendre le même texte demain si sa situation change, au détriment de l’intérêt du pays. Il en ainsi à chaque fois. Où va-t-on ? Allons-nous observer passivement ce jeu malsain, mercantile qui se mène aux dépens du contribuable malien ?

Au peuple de décrire le poste

Aucune loi politique ne servira le Mali tant que les acteurs politiques seront associés à son élaboration. Ils doivent  impérativement être écartés de sa conception et de son adoption. Il faut trouver un mécanisme approprié à cela car il est difficile d’être juge et partie ! Cela est même anormal !

La solution idoine est de faire participer plutôt le Malien lambda. L’élaboration des différents projets de loi, du projet de révision constitutionnelle, de la Charte des partis, etc., tout texte concernant la vie politique, doit être écrit sans les partis politiques. Ils doivent être proposés par les citoyens apolitiques, technocrates, etc. Car ce sont eux qui sont sujets de droit et électeurs. Les politiciens sont chargés de les servir selon la vision du peuple, majoritaire. Si les textes sont élaborés de façon impartiale, objective, ils s’appliqueront dans le consensus et s’imposeront à tous sans arrière-pensée et en toute confiance. Les politiciens s’adapteront aux textes, ils chercheront à répondre aux critères consignés et non à chercher coûte que coûte à adapter les textes à leurs intérêts fluctuants. Ils seront canalisés et contraints de travailler dur pour mériter la confiance des électeurs. Le Mali s’en portera nettement mieux.

Aux politiques qui vont trouver aberrant de parler d’eux sans eux, nous dirons qu’eux nous gouvernent sans nous. Ce n’est jamais la majorité du peuple qui cautionne leurs actes posés en son nom. Elle l’accepte quand même, au nom de la représentativité. Qu’ils permettent aussi que ce peuple, silencieux à son tour, ait son mot à dire concernant sa propre gestion et sa survie !

Correspondante particulière d’une citoyenne de Kati pour Afrikinfos-Mali