Gouvernement : après l’interpellation

L’interpellation du Premier ministre par le Conseil national de Transition (CNT), a été une bonne idée. Cependant, le dommage a été le fait que nos représentants se soient contentés de demi-réponses, et n’aient pas regardé derrière les réponses. Dans tous les cas, il faut un après.

Lors du passage du Premier ministre devant le CNT, on ne peut pas a priori parler de débats ou de joutes oratoires, puisque les débats ont été plutôt unidirectionnels. Les membres du CNT qui ont pris la parole ont traduit les pensées et les attentes des populations.

Cependant, sur beaucoup de plans, les Maliens sont restés sur leur faim, car, il y a des réponses qui méritaient des relances, des précisions et des explications. Il y a eu des approximations et des oublis qu’il eut fallu recadrer. Les membres du CNT ont interpellé le Premier ministre pour savoir, en dehors des invectives avec la communauté internationale, en dehors des tiraillements avec la Cedeao sur la durée de la Transition, qu’est-ce qui se fait. Après les débats, on reste sur cette interrogation.

Néanmoins, les membres du CNT sont à saluer pour à la fois l’initiative, et pour les questions. Beaucoup de gens croyaient à un débat arrangé, à une mise en scène, mais, tout le monde a été bien servi, car, le jeune Nouhoum Sarr, suivi par d’autres, a, avec la première salve, donné le ton.

Des annonces fortes ont été faites au finish : Le Mali n’envisage pas de partir de la Cedeao. Le Mali ne compte pas battre monnaie, et la Minusma ne partira pas du pays.

Il y a des questions qui n’ont pas été abordées et qui, pourtant sont importantes. La vie chère, a été abordée, mais, pas du point de vue de nos responsabilités. Car, combien de Maliens ont perdu leur emploi du fait du départ de la force Barkhane et de l’EUTM ? Combien de patients étaient pris en charge du point de vue sanitaire par les infirmeries des garnisons étrangères ? Que fait le gouvernement pour compenser, ou, a-t-on prévenu les personnes qu’elles doivent être les agneaux sacrificiels là où d’autres se sucrent ? Combien d’emplois perdus, du fait de l’embargo ? Combien d’investissements compromis ?

Et maintenant ? Peut-on demander. Car, il faut bien aller au-delà des constats et des poussées de fièvre. Qui pour constater et tirer les leçons ? En effet, déjà, au niveau du CNT, la logique aurait voulu un vote après les interpellations.

Il y a des débats dont on ne peut pas faire l’économie, car, il nous a été demandé/imposé des sacrifices, dont, à présent, on ne voit pas la raison, en dehors de la volonté de certains de se maintenir. Visiblement, on n’a pas avancé sur des problématiques majeures comme la réforme constitutionnelle et toutes les conclusions des Assises nationales.

Pendant qu’on botte en touche, qu’on fait la chasse aux mal-pensants, pendant qu’on se bat pour imposer une pensée unique, toutes les opportunités de développement nous échappent. Au 21è siècle, aucune économie ne peut fonctionner en autarcie. L’époque des idéologies est finie. Hu Jin Tao, alors Président de la République populaire de Chine l’a dit : « Qu’importe la couleur du chat, on lui demande juste de savoir attraper les souris ».

Dans tous les cas, demain, il fera jour.

Alexis Kalambry

Source : Mali Tribune

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