Moussa Ousmane Touré, président de l’AMLCDF : « Ils veulent que j’arrête de dénoncer les cas de corruption»

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Engagé dans la lutte contre la corruption et la délinquance financière depuis des années, le président de l’Association malienne de lutte contre la corruption et la délinquance financière (AMLCDF), Moussa Ousmane Touré, nous confie avoir subi, du 03 décembre 2020 à nos jours, plus de deux cent (200) menaces, dont deux (02) menaces de mort.

Faut-il trouver des mesures mieux adaptées pour bien protéger les acteurs de la lutte contre la corruption ? En tout cas la nécessité est là. De plus en plus les acteurs de la société civile engagés dans la lutte contre le fléau deviennent l’objet de menace à longueur de journée.

C’est le cas du président de l’Association malienne de lutte contre la corruption et la délinquance financière, Moussa Ousmane Touré, qui nous fait part du calvaire qu’il vit depuis 2020 à cause de ces nombreuses dénonciations. « J’ai subi plus de 200 menaces. Elles proviennent des deux membres de la coalition des organisations de la société civile pour la lutte contre la corruption et la pauvreté à savoir : Souleymane Dembélé, membre du Conseil national de Transition (CNT) et Ahmed Sékou Diallo. Ils m’accusent d’avoir cité le nom de Souleymane Dembélé parmi les candidats déclarés admis au concours de la CANAM… », a-t-il témoigné.

Le président de l’Association malienne de lutte contre la corruption et la délinquance financière (AMLCD) va plus loin : « Des menaces proviennent aussi des pro-Choguel ou Assimi qui n’apprécient pas le fait de dire que pendant les Assises nationales de la Refondation, un certain nombre de préoccupations des Maliens n’ont pas été abordées. Il s’agit, entre autres, de la loi relative à la déclaration des biens, rejetée depuis 2017 par l’UNTM et le SYNTADE; du surpeuplement carcéral régulièrement dénoncé par les organisations de défense des droits de l’homme telles que l’Association malienne des droits de l’homme (AMDH) et la Commission nationale des Droits de l’Homme (CNDH) ; de la saisie du président de la Cour suprême afin d’interpeller les assujettis à la déclaration de leurs biens ; de la saisie de la justice aux fins d’annulation de la décision d’intégration des contractuels du le Syndicat de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique (SENSUP) dans la fonction publique de l’État sans concours et dans les différents corps de la nouvelle ENA (Ecole Nationale d’Administration) ; des rackets et tracasseries douaniers et policiers ; des attributions de cellules V.I.P à la maison centrale d’arrêt de Bamako ; des fraudes dans les attributions de logements sociaux deuxième tranche ; des fraudes dans les concours d’entrée à  l’Ecole Militaire Inter Armes (EMIA), garde, police, etc… »

Pour Moussa Ousmane Touré, la situation est claire, ce sont les autorités militaires et civiles actuels qui veulent le faire taire. « Qui m’en veut ? Ça ne peut être, pour moi, que les dirigeants militaires et civils actuels. Ils veulent que j’arrête de dénoncer les cas de corruption dont j’ai connaissance ou qui me sont rapportés et concernent les secteurs de la défense et de la sécurité ; l’habitat ; les transports ; la justice ; la santé ; l’éducation ; etc. », a-t-il expliqué.

Le président de l’Association malienne de lutte contre la corruption et la délinquance financière témoigne également qu’il passe des moments difficiles et hésite même de décrocher les appels téléphoniques. « Je vis avec beaucoup de méfiance et de doute. Je n’aimerais plus subir d’enlèvement et séquestration. Je me demande si j’ai la force de continuer mon combat. Je ne circule que la nuit. La journée je reste à la maison, parce que je me sens suivi depuis quelques temps », nous a-t-il confié.

Amadou Kodio

Source : Ziré