Mairie de la commune de commune II : La guerre anti-digitale du comité syndical

Sous la bannière du comité syndical, des travailleurs de la mairie de la commune II ont observé un sit-in, le 13 avril 2022. Objectif : exiger le paiement des arriérés de salaire (février, mars et avril 2022) et réclamer 4% des fonds recouvrés.

Joint par nos soins, le maire, Cheick Abba Niaré, s’est dit surpris d’apprendre cette histoire d’arriérés de salaires. Et pour cause, en même temps que les travailleurs manifestaient devant la mairie, deux des trois mois, y compris celui de mars, venaient d’être acquittés à la suite d’une rencontre entre l’administration et les travailleurs en présence du gouverneur du district. Une information vérifiable au niveau des banques de la place, a assuré le Maire, en affirmant par ailleurs que sa collectivité est « censée être la plus riche du district, avec en son sein plusieurs structures, des dizaines de stations et des milliers de kiosques ». Le maire accuse plutôt l’incompétence et la mauvaise foi du service de recouvrement. « Il y a eu des mois où le service de recouvrement n’a pas dépassé les 5 millions. Or la masse salariale est de plus de 51 millions par mois, pire aujourd’hui, le syndicat réclame 4% de ce montant », a-t-il relevé.

Pourquoi alors un sit-in ?

Selon Aba Niaré, la raison officieuse est que la mairie projette d’aller vers une digitalisation de son système de recouvrement afin de trouver une solution définitive aux problèmes de salaires et booster le développement de la commune. C’est dans cette perspective qu’un contrat a été signé avec la société « Nouvelle Technolohie K’LIS PAY ». Au terme dudit contrat, ladite société s’engage à recouvrer 100 millions par mois, a expliqué le maire en exprimant son étonnement de voir le comité syndical s’opposer à une décision à l’élaboration de laquelle son secrétaire général a pourtant pris part. Selon le maire, en effet, le chef du « service recouvrement » n’est autre que le secrétaire général du comité syndical qui aurait participé à l’élaboration, à la correction et même proposé des amendements au projet du contrat avant de s’y opposer lors de la signature. Ledit contrat, qui n’attend que sa signature, a été, selon Cheick Abba Niaré, approuvé en délibération par le conseil communal.

Le maire en a profité pour rappeler que la société « Nouvelle Technolohie K’LIS PAY » travaille avec la mairie du district et celle de la commune 6, qui sont fiers de son rendement.

La réticence du syndicat, à ses dires, est la preuve que les impôts et taxes de la commune sont recouvrés mais jamais reversés dans les caisses de la mairie.

 Amidou Keita

Source : Le Témoin