RAMADAN/EMBARGO : « Les affres de l’isolement »

Le mois de ramadan débutera au Mali ce week-end. Les musulmans s’apprêtent à s’acquitter de ce 4è pilier de l’islam dans un contexte marqué par une triple crise, selon le sociologue Moussa Coulibaly.

L’instabilité au centre et les effets de l’embargo sont les deux crises internes qui affectent le climat socioéconomique de l’avis de Dr. Moussa Coulibaly. « Avec l’embargo consécutif à la crise politique, le Mali fait face aux sanctions qui affectent son économie si bien que le panier de la ménagère est le premier à ressentir les affres d’un isolement économique et financier », souligne le sociologue.

Avec un secteur informel déjà déstabilisé par la pandémie à Covid-19, le ramadan de cette année commence en effet dans un contexte marqué par la vie chère.

Si cette situation est une réalité depuis les deux dernières années, selon Dr. Moussa Coulibaly, cependant, la hausse des prix des denrées de première nécessité, qui ne cessent de grimper, complique davantage la vie des ménages pendant ce mois sacré de ramadan, soulignera-t-il.

Pour lui, le Mali, à l’instar de certains de ses voisins, fait face à une troisième crise liée au contexte international, c’est-à-dire la crise en Ukraine. « Le prix des carburants notamment l’essence et le gasoil  ont pris l’ascenseur ce qui a une répercussion directe sur les transports et les prix de certaines denrées vitales », dit-il.

Dans ce contexte tendu, le gouvernement doit s’accorder avec les commerçants et envisager des mesures d’urgence pour stabiliser les prix et favoriser l’acheminement des denrées de première nécessité sur toute l’étendue du territoire national, préconise l’interlocuteur.

Dr. Moussa Coulibaly estime nécessaire de relancer le dialogue avec la Cédéao pour trouver un terrain d’entente. Non pas parce-que « le trésor public s’essouffle, précise-t-il, mais pour permettre à cette Cédéao des peuples de reprendre son envol économique ».

« On ne sait pas jusqu’à quel niveau la crise ukrainienne occasionnera une désorganisation sociale de plus pour le Sahel. Le Mali est certainement visé, mais la Cédéao des peuples est atteinte car la crise affecte du Sahel à l’océan Atlantique », prévient-il.

En attendant des mesures efficaces du gouvernement dans les prochains jours, « la fibre religieuse et patriotique des Maliens doit se manifester », selon le sociologue pour aplanir la souffrance des plus démunis en cette veille du mois de ramadan.

 Kadiatou Mouyi Doumbia

Source : Mali Tribune