Mali : Dr Oumar Mariko retrace l’historique de la révolution de mars 91

 

Dans le cadre de la commémoration du 31ème anniversaire du 26 mars qui se profile à l’horizon, Dr Oumar Mariko a animé une conférence débats le 22 mars 2022 à la bourse du travail. C’était pour partager avec la jeune génération des réalités de l’insurrection populaire qui a eu raison sur le régime dictatorial du général Moussa Traoré. La conférence a été organisée par l’Union locale des jeunes activistes et médias du Mali (ULJAM).

C’est dans le souci d’établir la vérité historique sur les évènements de mars 1991 que l’union locale des jeunes activistes et médias du Mali (ULJAM) a bien voulu faire appel aux acteurs concernés pour retracer les faits afin de garder la traçabilité d’une ère qui a ouvert les portes à la démocratie et à l’État de droit au Mali.

Sans surprise, pour ce premier rendez-vous, le choix s’est porté sur le Dr Oumar Mariko, un des acteurs clés des différents mouvements de l’époque qui a traversé toutes les époques jusqu’ici. Qui mieux qu’Oumar Mariko pour parler de l’Association des Elèves et Etudiant du Mali (AEEM) ou encore du Mouvement Démocratique et Populaire ? Sans doute, personne ! Ayant compris cela, l’ULJAM dont le souci est d’éviter toute falsification de l’histoire du Mali a donc saisi l’opportunité.

Pour la circonstance, une masse assoiffée de l’histoire s’est mobilisée. En partie des enseignants, des chercheurs mais surtout beaucoup de jeunes. Ainsi, le conférencier Oumar Mariko n’a pas déçu non plus. Après avoir rendu hommage aux élèves et étudiants du Mali de 1990 et de 1991, l’ancien leader de l’AEEM a refait l’itinéraire des différents mouvements de 1990 à mars 91. Il a refait le film qui a conduit à la création de l’Association des Élèves et Étudiants du Mali (AEEM), jusqu’à la mort fatidique de son camarade de lutte Abdoul Karim Camara dit Cabral, tué le 17 mars 1980 par le régime d’alors.

Le désormais homme politique n’a pas non plus oublié de parler des autres mouvements qui ont contribué à la chute du régime du général Moussa Traoré. Des associations de jeunes, de la société civile, de travailleurs, etc. Les actions menées, les dates clés, et même les déclarations faites lors de chaque sortie, que ce soit pendant un meeting ; une conférence et même une simple réunion, Oumar Mariko a absolument tout dévoilé. Il a même lu les grandes déclarations lors de cette conférence.

 Il faut répéter l’histoire !

Au-delà des nombreux faits qu’il a racontés concernant l’historique de l’insurrection populaire, Oumar Mariko a surtout salué la démarche entreprise par les jeunes qui ont initié la conférence débats. Pour lui, il faut répéter l’histoire Pour éviter toute confusion. « Je pense que c’est une très bonne initiative de vouloir ce rappel. C’est très important pour la jeune génération. Tout pays qui ignore son passé ne peut rien faire pour le présent et ne doit rien prétendre pour son avenir. Vous aurez beau écrit, mais cela n’empêche aux mauvais esprits de transformer les faits souvent à leur faveur. Je suis tout aussi fier d’être choisi par cela. Parce que parmi les membres fondateurs de l’AEEM, nous étions à peu près 41 personnes dont 39 ont menées les actions jusqu’au bout et beaucoup sont encore en vie, mais malgré cela si on porte le choix sur moi, je ne peux qu’être fier », souligne-t-il.

Pour l’union locale des jeunes activistes et médias, cette initiative vise à mettre en contact la nouvelle génération avec les acteurs de 1991. « Ce qui nous a motivé à initier cette conférence est que depuis un certain temps, il y a une déformation de l’histoire. Rien qu’avec le Mouvement du 05 juin (M5-RFP) qui a conduit à la chute d’IBK, les gens ont inventé toutes sortes de nouveautés alors que nous l’avons tous suivi ici. Par rapport à mars 91, vous verrez qu’il n’y a beaucoup trop de versions, même ceux qui étaient contre les révolutionnaires sont aujourd’hui devenus les acteurs d’hier. Donc, à un moment donné, il faut rétablir la vérité avant qu’il soit trop tard », précise El Bacher Thiam, membre de l’ULJAM.

Amadou Kodio / Afrikinfos-Mali