‘’Sans Détour’’ / poste du Premier ministre : et si l’on le supprimait

Des querelles politiques, des déceptions, des incompréhensions au sein même de l’équipe gouvernementale, que de blocages au bon fonctionnement de la transition au plan politique. Du coup, le talon d’Achille de cette transition qui peine toujours à avoir l’unanimité autour des grandes décisions politiques aura été le Premier ministre. Certes, le chef de l’Etat, Col. Assimi Goïta, bénéficie du respect de la majeure partie du peuple malien à l’intérieur comme à l’extérieur, cela grâce aux efforts qui sont en train d’être faits au plan sécuritaire, mais il faut aussi reconnaître que l’adhésion de tous aux grandes décisions politiques garantissant la réussite de la transition fait toujours défaut.  Cette mission d’unir les Maliens autour de l’essentiel qui incombe au Premier ministre en plus du rôle qui, de facto, est le contrôle de l’action gouvernementale, a été tout simplement un échec.

Pendant plus de huit mois, Choguel Kokalla Maïga n’a pas pu rassembler les Maliens et aucune décision politique n’a pu faire l’unanimité. Pire, des membres de son équipe ont même abandonné le traditionnel conseil des ministres à cause de sa prise de position et de sa politique de gestion. Cette situation risque d’accélérer les choses à Koulouba. Mieux, l’on apprend que le Chef de l’Etat a commencé des consultations pour la mise en place d’un nouveau gouvernement. La moindre chose que l’on puisse dire pour l’instant, c’est que cette ultime équipe doit-être mûrement réfléchie afin d’éviter les erreurs du passé.

Ainsi garder Choguel Kokalla Maïga, revient à maintenir le statu quo. Nommer un nouveau Premier ministre peut aussi provoquer un règlement de compte entre les partisans Choguel et le nouveau chef du gouvernement. Un jeu d’intérêt dont le Mali n’a nullement besoin aujourd’hui. Donc pour éviter un autre blocage, le président Assimi peut, bel et bien, se passer du poste du Premier ministre en renforçant le Secrétariat du gouvernement et qui va constamment travailler avec le ministre porte-parole du gouvernement.

Non seulement ce nouveau modèle ou concept va permettre de réduire la lourdeur de l’administration, mais surtout il va permettre de réduire le train de vie de l’Etat et amener les ministres à s’assumer directement sans autre forme protocolaire. Cette mesure est certainement beaucoup plus attrayante, mais pas moins contraignante quand on sait qu’actuellement Choguel est sous sanction de la CEDEAO et reconduit ou pas son successeur risquera de connaître le même sort tant qu’il n’y a pas un terrain d’entente entre les autorités de la transition et les chefs l’Etat de l’organisation sous-régionale.

Donc, rien ne sert d’avoir un Premier ministre de forme qui va juste faire le figurant tout en exhibant seulement ses muscles et épaules parce qu’il est le chef de la deuxième Institution de la République. Il faut juste renforcer les missions des différents départements ministériels avec une feuille de route claire et précise. Le reste dépendra de l’engagement de tout est chacun à servir avec honnêteté et loyauté la nation.

Ousmane BALLO

Source : Ziré