Gestion de la transition : que vaut Assimi sans Choguel ?

Ces derniers temps, les rumeurs font état d’un possible remaniement gouvernemental. L’on annonce même le départ de l’actuel Premier ministre, Dr Choguel Kokalla Maïga. Si cela se confirme, la transition pourrait-elle toujours atteindre ses objectifs fixés ?

Pragmatique, timide et très discret, le colonel Assimi Goïta, président de la transition, a vraisemblablement aujourd’hui l’homme qu’il faut pour bien diligenter ses actions pour refaire un Mali qui souffre de plusieurs maux à la fois. Un homme politique, capable d’aller au charbon au nom d’une refondation profonde de l’État. Il s’agit de l’actuel Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga, dont l’arrivée à la Primature a été rendue possible grâce au Mouvement du 05 Juin-Rassemblement des Forces Patriotiques (M5-RFP) après le second coup d’Etat intervenu en Mai 2021 pour, dit-on, rectifier la trajectoire de la transition autrefois dirigée par Bah N’Daw et Moctar Ouane.

Dix mois après sa nomination à la Primature, le président du comité stratégique du M5-RFP, Choguel Kokalla Maïga, semble être sur la sellette. Beaucoup de personnes estiment qu’il n’arrive plus à unir les Maliens autour du projet de la refondation de l’Etat, y compris certains membres du gouvernement. Récemment des informations ont même futé faisant état que certains ministres refuseraient de se présenter aux conseils de ministres sous prétexte qu’ils ne voudraient plus travailler sous le leadership du Premier ministre. Cette fronde vient dans un premier temps d’une grande partie de la classe politique qui se sent exclue de la gouvernance menée par le président du comité stratégique du M5-RFP.

Pourtant, Choguel, depuis sa nomination, a su travailler son image et sa personnalité auprès de l’opinion nationale. Aux yeux de certains, c’est bien lui qui a amorcé le changement tant attendu, pour avoir osé défier la communauté internationale sur la question sécuritaire au Mali, ainsi que la CEDEAO sur la durée de la transition. L’on se souvient encore de son discours légendaire du haut des tribunes des Nations Unies au mois de septembre 2021. Ainsi, Choguel, depuis sa nomination, n’a jamais cessé de remettre les partenaires du Mali à leur place. Aussi, c’est lui, qui travaille à préparer les mentalités maliennes à s’assumer face à la nouvelle réalité des choses, quid à payer cher.

Un dilemme pour Assimi !

Choguel Kokalla Maïga est quasiment un cas difficile à gérer pour le président de la transition. Donc, un vrai dilemme pour Assimi ! D’un côté, il y a cette volonté pour le président de la transition d’aller avec tout le monde, de prôner l’union sacrée autour du Mali et la cohésion sociale, et de l’autre, il a besoin de quelqu’un de beaucoup plus audacieux, capable de souffler le chaud et le froid, mais surtout prêt à encaisser ou à contrecarrer les coups politiques à l’intérieur comme à l’extérieur du pays. Une casquette que l’actuel locataire de la Primature a su bien porter et supporter.

Au regard de toutes ces réalités, Assimi, en choisissant de se débarrasser de Choguel si vite, risque de se tirer une balle dans les pieds. Parce que ce serait une perte énorme pour cette transition qui a déjà embrassé une idéologie bien réfléchie et instaurée par le même Choguel dont le seul but est de reconstruire un nouveau Mali.

Aujourd’hui, même si certains pensent que Choguel ne fait que des simples déclarations qui ne sont pas forcément suivies par des actions concrètes, il revient toujours à Assimi de le recarder et de reconstituer une nouvelle équipe gouvernementale autour de lui qui sera dotée d’une feuille de route précise et réaliste pour conduire le reste de la transition.

Amadou Kodio

Source: Ziré

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