Mali : les séparatistes haussent le ton

Les ex-rebelles, depuis quelques jours, ne cessent de hausser le ton contre les autorités de la Transition sur la lenteur de la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger, mais aussi pour affirmer leur attachement au principe de l’auto-détermination du peuple de l’Azawad. Ces expressions constituent le refrain concocté et savamment chanté par les groupes armés signataires de l’Accord pour la paix.

Toutefois, ces prises de position commune qui ont l’air de revendications séparatistes sont la manifestation de la volonté de ces groupes armés de se radicaliser comme par le passé. En effet, le Comité directeur de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) s’est réuni en session extraordinaire du 28 février au 3 mars 2022 à Kidal, sous la présidence de M. Bilal AG ACHERIF, président en exercice de la CMA, en présence de ses homologues Alghabass AG INTALLA et Ibrahim OULD HANDA.

Après plusieurs jours de travail, la rencontre a évalué et a analysé la redynamisation de son organisation interne et a apprécié la mise en œuvre de l’Accord pour la paix. Aux termes des travaux, le Comité directeur de la CMA a pris des décisions similaires à celles du Haut conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA) dont les assises se sont tenues quelques jours plus tôt dans la même ville.

Selon les termes du communiqué qui a sanctionné cette réunion, il ressort que la CMA regrette et dénonce une posture médiatique autant belliqueuse que diffamatoire, portée par des membres de la haute sphère étatique et qui sont de nature à entretenir une confusion autour de sa mise en œuvre tout en invitant le gouvernement malien à clarifier instamment et de façon claire et officielle sa position définitive par rapport à l’application de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali, issu du Processus d’Alger.

De même, elle rappelle au Gouvernement, à l’opinion nationale et internationale que l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger est un engagement politique et juridique assumé par toutes les parties signataires et est le seul lien entre le Gouvernement et les Mouvements de l’Azawad.

Ces accusations constituent des moyens pour mettre la pression sur les autorités de la Transition accusées par des ex-rebelles de traîner le pas dans la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale.

En outre de ces incriminations, la CMA affiche, à son tour, son intention de séparation du pays en réitérant son soutien et son accompagnement à tous les mouvements membres de la CMA (en référence au HCUA), et demeure attentive aux aspirations profondes du peuple de l’Azawad dans sa quête d’un lendemain meilleur, notamment de faire valoir son droit à l’autodétermination.

Au regard de ce qui précède, il est évident que la CMA met à jour le projet de la séparation du pays, à travers l’initiative de l’autodétermination du peuple de l’Azawad. En clair, ces déclarations coordonnées des groupes armés ne laissent aucun doute sur leur intention réelle de reprendre les armes pour défendre la création d’un projet fantoche de création d’États fantômes.

Et depuis quelques mois, ces groupes rebelles, selon des sources, travaillent au renforcement de leur capacité militaire et opérationnelle sur le terrain avec l’acquisition d’engins de combat en vue d’aboutir à leur revendication sécessionniste.

Abdoulaye Ouattara / Afrikinfos-Mali

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