Mali : le plan d’action national SWA 2022 au centre d’un atelier de validation

Contribuer à l’accélération de la mise en œuvre du Mécanisme de redevabilité mutuelle (MRM) Assainissement et Eau pour Tous (Sanitation and Water for All-SWA) au Mali en vue d’accroitre les performances des services Eau, Hygiène et Assainissement (WASH) et nutrition au Mali.  C’est là l’objectif principal du plan d’action national SWA  2022 du Mali élaboré par l’ONG Internationale, Action Contre la Faim (ACF) et World Vision en partenariat avec la Coalition Nationale de la Campagne Internationale pour l’Eau Potable et l’Assainissement (CN-CIEPA/WASH), point focal SWA pour la société civile. Le document était au centre d’un atelier de validation le 25 février 2022 à l’Hôtel Onomo de Bamako.

Il s’agissait, au cours de cette rencontre d’échange, d’amener les acteurs du secteur WASH et nutrition à s’approprier le mécanisme de redevabilité SWA afin de percevoir son enjeu dans l’atteinte de l’Objectif de Développement durable (ODD6) au Mali ; de partager avec les acteurs WASH et nutrition sur l’état de mise en œuvre du plan d’action SWA de 2021 et les engagements du pays y afférents ; d’amener les acteurs du secteur WASH et nutrition à analyser et valider les objectifs, les actions prioritaires et indicateurs du SWA proposés pour l’année 2022 et enfin d’assurer l’implication des membres du comité SWA dans le suivi de la mise en œuvre des engagements SWA du Mali.

Pour ce faire, des communications suivies d’échanges et de travaux de groupes ont permis aux participants d’apporter des améliorations au document. Ainsi, selon Fousseny Traoré, coordinateur Plaidoyer et Genre à ACF, cette rencontre permet de renforcer le dispositif en place et surtout de préparer et de mettre en cohérence le plan d’actions SWA du Mali 2022 avant la rencontre des ministres prévue les 18 et 19 mai 2022 en Indonésie. « Le Mali, pays sahélien où l’eau constitue un facteur clé du développement socio-économique et de lutte contre la pauvreté, a fait de l’accès à l’eau potable et à l’assainissement un des axes prioritaires du Cadre stratégique pour la Relance Economique et le Développement durable (CREDD 2019-2023), conformément à l’Objectif six des Objectifs de Développement durable (ODD) qui vise à garantir l’accès de tous à l’eau et à l’assainissement et gestion durable des ressources en eau d’ici 2030 », a rappelé Djoouro Bocoum, directeur national de l’Hydraulique.

Selon lui, les efforts du Mali dans le cadre du processus SWA l’ont permis d’être doublement désigné en 2018, comme pays pionnier du Mécanisme de Redevabilité Mutuelle de SWA et comme membre du Comité Directeur International de SWA, au titre du groupe catégoriel de pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre. « En Octobre 2020, le Mali est reconduit comme membre du Comité directeur. Le SWA a aussi établi un groupe de travail sur le financement qui rassemble des partenaires pour agir au niveau national et international. Il est encourageant de constater que le Mali est représenté dans ce groupe de travail par des hauts fonctionnaires du ministère des Finances et des ministères sectoriels », a-t-il ajouté.

Des chiffres qui parlent toujours !

Des données de l’ACF et ses partenaires, il ressort qu’au Mali la crise sociopolitique, sécuritaire et la survenance de la Covid-19 impacte sur la prévalence de la malnutrition aiguë estimée à 10,094%, et à 2,0% dans sa forme sévère. Au même moment, le taux d’accès à l’eau potable en 2019 était de 69,2% au niveau national (65,8% en milieu rural et 77,7% en milieux urbain et semi urbain) contre 39% en assainissement de base (29% en milieu rural et 53% en milieu urbain). Aussi, la nutrition n’est financée qu’à hauteur de moins de 1% du budget d’Etat et le taux de financement du WASH représentait 2.62% en 2018 contre 1,23% en 2017 avec une priorisation du milieu urbain par rapport au rural.

En dépit des efforts entrepris par les différents acteurs, le budget alloué à l’accès à l’eau potable, à l’assainissement et à l’hygiène (AEPHA) n’a progressé que de 3,6% (rapport CPS 2020), alors que dans les cadres des engagements SWA, le Mali s’est engagé à accorder 5% de son budget à l’Eau et l’Assainissement. Aussi, dans le cadre de l’Objectif de Développement durable (ODD6) et en application de la résolution 64/192 des Nations Unies, les engagements de N’GOR (Africa San) et les directives d’ASPG (AMCOW) constituent un environnement institutionnel et juridique qui devrait permettre au Mali d’aller vers une promotion effective du WASH et de la nutrition.

ACF et ses partenaires viennent au renfort…

Au regard de tous ces constats, Action Contre la Faim (ACF) et World Vision en partenariat avec la CN-CIEPA/WASH (Point focal SWA pour la société civile) avec l’appui de ses partenaires s’emploie à accompagner ce processus encourageant en termes d’appui aux performances du domaine WASH et la santé au Mali. C’est dans cette dynamique qu’ACF compte appuyer le dispositif de SWA et son mécanisme de redevabilité mutuelle.

Ainsi, Action Contre la Faim propose une intervention multisectorielle dans les domaines de la sécurité alimentaire et des moyens d’existence, de l’eau, hygiène et assainissement, de la santé/nutrition et du plaidoyer dans cinq communes du cercle de Tombouctou et quatre communes de la région de Taoudéni. C’est un projet qui s’articule autour de trois résultats majeurs, à savoir : l’amélioration de la couverture et de la qualité de la prise en charge de la malnutrition aiguë des enfants de moins de cinq ans ; les capacités des différents acteurs communautaires pour la gestion des facteurs aggravants et la détection précoce de la malnutrition sont renforcées et enfin les capacités des bénéficiaires et des décideurs sont renforcées en termes d’accès humanitaire, de genre et de mobilisation de ressources financières pour les activités de nutrition et d’AEPHA grâce à des espaces de plaidoyer dynamiques.

Ousmane BALLO / Afrikinfos-Mali