Durée de la transition : le mystère règne toujours

La durée de la transition conformément à la Charte arrive à terme le 27 février 2022. Certes sa prolongation est déjà un acquis, mais l’on ignore toujours le nouveau chronogramme y afférant. Une première proposition de cinq ans a été rejetée par la CEDEAO. Pour l’heure, c’est un flou total qui commence à se nourrir de rumeurs.

A la suite des travaux des Assises nationales pour la Refondation dont l’une des recommandations a été la prolongation de la durée de la transition de six mois à cinq ans, l’on s’attendait à un chronogramme consensuel entre Maliens et qui devrait être proposé aux partenaires et aux amis du pays y compris la CEDEAO avec le cachet de l’ensemble du peuple malien. Mais, nombreux sont ceux qui ont été surpris d’entendre à travers un communiqué de la CEDEAO que les autorités avaient un chronogramme sur cinq ans qui avait été finalement rejeté par les chefs d’État de l’organisation sous-régionale.

Cette démarche a même fâché plus d’un. Des partis politiques regroupés au sein d’une plateforme, appelé ‘’Cadre d’échange des partis et regroupements de partis politiques pour une transition réussie au Mali’’ n’ont pas tardé à réagir. Ainsi, le 09 février 2022, le cadre a proposé : neuf mois pour la durée de la nouvelle transition ; améliorer la communication du Cadre ; le rejet de la relecture de la Charte en cours au niveau du CNT ; l’adoption d’un chronogramme électoral pour l’élection présidentielle et les élections législatives pour la fin de la nouvelle transition ; l’adoption d’une nouvelle loi électorale consensuelle ; la non reconnaissance des autorités actuelles à partir du 25 mars 2022 ; la mise en place d’une nouvelle transition avec un gouvernement de mission conduit par un Premier ministre neutre, un Président civil qui n’appartient à aucun parti politique ; la mise en place d’un nouveau CNT ; l’élargissement de la base du cadre.

Pour l’heure, les autorités sont restée muettes aux réactions internes, mais très furieuses contre les critiques et les dénigrements étrangers. Au même moment, les yeux sont rivés vers Accra au Ghana où la CEDEAO va de nouveau se prononcer ce jeudi sur la situation au Mali. Certainement, un nouveau chronogramme pourrait être présenté aux chefs d’Etat de l’organisation avec l’espoir d’avoir leur adhésion pour que les lourdes sanctions économiques et diplomatiques que le pays subit depuis le 09 janvier 2022 puissent d’être levées ou remodelées.

Amadou Kodio

Source : Zire