Éducation nationale : vers un nouveau système

La refondation complète de l’enseignement, l’adéquation de la formation-emploi, la suppression de l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM), l’adoption de nouveaux programmes scolaires tenant en compte de nos valeurs sociétales, la révision des textes régissant les grèves des enseignants sont, entre autres, propositions formulées par les membres de l’atelier 4 pour refonder l’éducation dans notre pays.

L’atelier 4 des Assises nationales de la refondation (ANR), logé dans la salle de presse du Centre international de conférences de Bamako (CICB), est présidé par l’historien Pr Jean Bosco Konaré et avec pour vice-présidente, l’ancienne ministre, Mme Maïga Sina Damba.

Ces deux personnalités sont tous membres du Panel des hautes personnalités. Les discussions de ce groupe portent sur les thématiques 10, 11 et 13 consacrés sur : arts, culture, tourisme, sport, jeunesse, éducation civique, construction citoyenne, éducation, questions scolaires, universitaires et recherches scientifiques. Hier, les participants à cet atelier 4 se sont exprimés à bâton rompu, dans la matinée, sur l’éducation.
Dans leur intervention, les délégués ont souhaité la refondation complète de notre système éducatif pour l’adapter à nos réalités, à nos valeurs sociétales, à notre histoire. «Il faut refonder complètement nos programmes scolaires, du jardin d’enfants à l’université, afin de prendre en compte notre culture et notre histoire», a soutenu Daouda Tékété, spécialiste de l’éducation. Et d’autres participants de demander la suppression du système éducatif appelé « la Nouvelle école fondamentale» (NEF) imposé par les bailleurs financiers à la suite de l’ajustement structurel.

D’autres propositions comme le retour de la méthode syllabique, la restauration du mouvement pionnier, l’exigence du port des tenues scolaires descentes, l’harmonisation des modules de formation dans les établissements publics-privés ont été retenus. Mieux, des délégués ont exigé l’application des programmes scolaires qui tiennent compte de nos valeurs sociétales. «Notre pays doit instaurer des programmes scolaires qui permettent d’étudier des matières telle que la géomancie», a proposé Konimba Sangaré.

Beaucoup d’intervenants ont exigé l’officialisation de nos langues nationales avec l’introduction de l’écriture N’ko dans notre système éducatif. Selon eux, toute nation qui veut se développer doit officialiser sa langue maternelle. Afin de limiter le nombre de diplômés sans emploi, des délégués de l’atelier 4 ont préconisé l’adéquation entre formation et emploi.

Mettant en cause l’interruption des cours dans nos écoles et établissements scolaires, certains participants ont réclamé la suppression de l’AEEM et l’adoption des textes pour recadrer les grèves des enseignants.

En résumé, les participants ont mis en cause «l’Homme malien» qui, pour eux, est le produit de notre éducation. «L’Homme malien prend un comportement qui devient naturel. Il faudrait un système éducatif capable de changer l’attitude de la population», a soutenu le participant Adiawiakoye

Oumar DIAKITÉ

Source : L’Essor

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