Supplément culture, Hawa Maïga: Une jeune voix dans la cour des grands

Après l’INA, elle est passée par l’Ensemble instrumental comme de nombreuses stars de la musique malienne : Ami Koïta, Wandé Kouyaté, Fanta Demba, Nantènendiè Kamissoko, Saranfing Kouyaté, Mogontafé Sacko. Cette formation demeure une excellente école et en même temps un tremplin pour le lancement. Elle participe à de nombreuses prestations pratiquement sur toutes les grandes scènes et fora. Son cordon familial lui a offert un héritage immense et riche : La Culture Sonrhai. Hawa Maïga chante les chansons populaires Sonrhaï et développe des compositions originales

Une voix suave, un talent sûr, un doigté magique sur la guitare d’accompagnement, des pas de danse agiles : voici des qualités que l’on retrouve chez cette jeune artiste interprète dont on entendra parler à travers les scènes internationales. Hawa Maïga s’est déjà illustrée avec l’Ensemble instrumental, le Badema et surtout en solo dans de nombreuses chansons. Surnommée La Gazelle du Nord, en référence à sa grande taille et à sa ville d’origine Gao, elle est l’une des cantatrices les plus en vue actuellement.

Hawa Maïga a effectué plusieurs sorties nationales et internationales : Le Festival sur le Niger, le Festival au désert et d’innombrables prestations avec l’Ensemble instrumental et le Badema. Elle s’est également produite au Festival Taragalte du Maroc, les Nuits atypiques de Koudougou et le Festival d’arts social de Banfora au Burkina Faso, le Festival N’Sangu Ndji-Ndji de Pointe-Noire au Congo, le Kolatier à Yaoundé au Cameroun, le Marché des arts et du spectacle d’Abidjan (MASA) en Côte d’Ivoire. Et plus récemment, elle a participé à Paris au célèbre Festival Africolore en France au mois de juin dernier. Et sur son programme de prestation, de nombreuses dates sont déjà cochées.

Issue d’une grande famille d’artiste, Hawa Maïga : Enfant dans le salon de coiffure de sa mère à Gao, elle chantonnait en tressant les clientes. À la fin de ses études agro pastorales à Gao sa fibre artistique est reconnue par toute la ville, elle est naturellement poussée vers le concours Miss ORTM et elle devient la représentante de Gao au concours national à Bamako.

Son grand-père Ibrahim Dicko la confie à Boncana Maïga, le Maestro incontesté de la musique africaine qui la prend sous son aile et l’intègre à son programme Tounkangouna. À Bamako, Hawa se trouve très bien entourée par ses grands-mères Fissa Maïga, feue Khaira Arby et le chantre Sabou Dorinthié. Forte de cet encadrement familial, elle est allée se former à l’Institut national des arts (INA) de Bamako en section musique pour 4 ans. C’est là où elle apprend à jouer de la guitare.

Nantie de son diplôme de l’INA, elle intègre l’Ensemble Instrumental en 2012. Elle témoigne y avoir beaucoup apprise sur la musique traditionnelle du Mali. Comme de nombreuses stars de la musique malienne, à l’image d’Ami Koïta, Wandé Kouyaté, Fanta Demba, Nantènendiè Kamissoko, Saranfing Kouyaté, feue Mogontafé Sacko. En effet, cette formation demeure une excellente école et en même temps un tremplin pour le lancement.

Elle participe à de nombreuses prestations de cette formation pratiquement sur toutes les grandes scènes et fora. En 2013, la formation sort un album de sensibilisation, où elle est la lead vocale sur le morceau intitulé La paix en sonrhaï. Au bout de trois années, chanter seulement ne lui suffit pas, elle a dû à contenir son envie de gratter sur la guitare moderne.

Elle demande à être transféré au Badema afin de pouvoir jouer de son instrument de prédilection. Rappelons que l’Ensemble instrumental, le Badema, le Groupe dramatique ou Kotèba et le Ballet malien constituent les quatre formations nationales logées au Palais de la culture Amadou Hampaté Ba, sous la couverture du ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme.

Son cordon familial lui a offert un héritage immense et riche : La Culture Sonrhai. Hawa Maïga chante les chansons populaires Sonrhaï et développe des compositions originales.

Elle puise son inspiration sur les berges du fleuve Niger de Gao et y mêle le fruit de la diversification qui donne ce beau pays le Mali. Hawa a été encadrée par l’Institut Kôrê des Arts & Métiers de Ségou à travers le Programme Kôrè Qualité Volet Musique de 2015 à 2018.

Elle estime qu’elle doit beaucoup à Mamou Daffé, le président de la Fondation festival sur le Niger de Ségou. « Il a cru en moi, en assurant d’abord une formation de qualité, puis m’a permis de participer à ce de nombreux festival», estime-t-elle. C’est d’ailleurs lui qui est le directeur artistique de son second album qui sortira durant le premier trimestre de 2022. Intitulé «Mali Izey» ou les enfants du Mali, il comportera 9 titres et a enregistré la participation de Baba Salah comme arrangeur.

Elle avait déjà enregistré la maquette d’un premier album en 2009 avec Boncana Maïga. Agna, son titre a été arrangé par Sabou Doronthié. Ce dernier n’est toujours pas rendu public pour des raisons qu’elle ignore à présent. Mais elle compte toujours sur cette création qui devra sortir un jour où un autre, assure-t-elle, déterminée.

En février 2021, elle a produit un single intitulé «Mimada» dont le clip fait un véritable buzz sur les réseau sociaux. Elle invite le public à déguster sans modération. Un single très riche en son, lumière et de couleurs.

Comme d’habitude, elle chante en Sonrhaï sa langue paternelle, Mimada qui veut dire littéralement «les ont dit», les gens ne font que de l’hypocrisie envers les bonnes personnes. Au lieu de s’occuper de leurs problèmes ou aller travailler, ils critiquent inutilement ceux qui travaillent. Hawa Maïga les invitent à laisser l’hypocrisie, car ça n’amène nulle part…

«Je suis le fruit du Mali», indique Hawa Maïga. Dans tous ses morceaux, elle ne chante que le Mali. Elle espère ainsi contribuer à l’apaisement puis au développement de ce beau pays à travers ses chansons. À l’image de ses différents maîtres comme Ibrahima Dicko, Sabou Dorinthié ou Khaira Arby, elle veut continuer à chanter pour le Mali et l’Afrique.

C’est d’ailleurs la chanson «Afric Izey» de la Tomboctienne Khaira qui continue de la motiver. En effet, ce morceau met en exergue les valeurs humanistes de l’Afrique que sont le partage, le vivre ensemble, la solidarité.

Cette chanson incite également les Africains à croire en eux-mêmes et surtout à se battre pour que ce continent se redresse. Hawa Maïga aime particulièrement cette chanson qu’elle reprend pratiquement lors de tous ses concerts.

Youssouf Doumbia 

Source : L’Essor