Bases françaises aux FAMA : Vigilance…

Les Forces armées maliennes (FAMA) occupent désormais deux bases militaires de la force Barkhane dans le nord du pays. Ce sont des dispositifs hautement stratégiques que cette force française, dont le départ a été longtemps réclamé par la majeure partie du peuple malien, a décidé de mettre à la disposition de l’armée malienne. Il s’agit de celles de Kidal et de Tessalit. Ce retrait intervient après la décision de Paris de réorganiser son dispositif militaire de lutte contre les terroristes au Sahel, en quittant notamment les bases les plus au nord du Mali (Kidal, Tombouctou et Tessalit) et en prévoyant de réduire ses effectifs dans la région à moins de 3000 hommes d’ici 2023, contre plus de 5 000 aujourd’hui.

C’est une raison politiquement valable et acceptable qui intervient au moment où la France d’Emmanuel Macron est vivement critiquée, à cause de ses résultats dans le cadre de la lutte contre les groupes armés terroristes jugés mitigés. Oui ! Nos forces armées ont droit à ces bases, mais elles doivent augmenter la vigilance, surtout quand on sait que ces événements se déroulent en un moment où les relations entre Paris et Bamako se sont envenimées depuis le 25 septembre, lorsque le Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga, a critiqué l’intervention de la force Barkhane au Mali et accusé la France d’’’abandon en plein vol’’.

A Kidal comme à Tessalit où la force Barkhane fut le maître de lieux pendant plus de six ans sans résultats pouvant convaincre le peuple malien, l’on a le droit de s’interroger à savoir ce que cette force à réellement laissé derrière elle. L’on se souvient de l’interview du Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga, accordée à l’agence Russe RIA Novosti en marge de la journée mondiale du coton, tenue en octobre 2021 à Genève, dans laquelle il a déclaré : « La France a créé une enclave au Mali, elle a formé et entraîné une organisation terroriste à Kidal ». L’on se rappelle également qu’en 2013, l’armée française a appuyé les séparatistes du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) tout en refusant à l’armée malienne de rentrer à Kidal.

Une fois de plus, la force barkhane qui a mené toutes ses opérations pendant plus de cinq ans souvent sans l’armée malienne, est la seule à pouvoir connaître ses vrais alliés et à dire de quoi ces bases sont faites. Certes, à Kidal, près de 1.300 casques bleus de la mission des Nations unies au Mali (Minusma) seraient sur place, ainsi que 400 militaires maliens du bataillon reconstitué, composé d’anciens membres de groupes armés et de soldats des forces conventionnelles maliennes, mais la vérité est que cette ville est longtemps restée sous le contrôle sécuritaire de la France et ses alliés, dont certains sont hostiles à l’Etat malien.

Certes, ces bases contribuent sans nul doute à renforcer les forces armées maliennes dans sa mission de défense et de sécurisation du pays, mais surtout dans la lutte contre les groupes armés terroristes engagée depuis de 2013, mais pour autant, la vigilance doit-être toujours de mise.

Ousmane BALLO

Source : Ziré

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