Axe Fana-Béléko-Kignan-Sanzana-Doumanaba à la RN 11 : les autorités vivement interpellées

Long de quelques 260 km, ce tronçon Fana-Béléko-Kignan-Sanzana- Doumanaba jusqu’à la route nationale N°11 (Sikasso-Koutiala) handicapent aujourd’hui les déplacements des populations et bloquent le développement économique des localités environnantes, à cause de son état de dégradation qui dépasse tous les commentaires.

Un véritable calvaire pour les usagers ! Pour une distance estimée à environ 260 km, il faut faire souvent dix heures de temps, à cause de son état de dégradation très poussée. Pendant l’hivernage, les cars de transports en commun, les camions des forains, les motocyclistes et même les piétons, arrivent difficilement à se frayer des passages. Des eaux stagnantes envahissent tout le long de la route. Une situation très difficile à vivre. « Quand il commence à pleuvoir abondamment, nous changeons de route. En ce moment, nous sommes obligés de passer par l’axe Bamako-Bougouni-Sikasso-Sanzana-Kignan. C’est un trajet long de plus de 400 km. Or l’axe Bamako-Fana-Béléko-Kignan fait à peu près 255 km de long», a témoigné Bourama Ballo, un transporteur sur l’axe Bamako-Kignan.

Selon lui, la traversée de Fana-Béléko-Kignan se fait difficilement sans conséquences. « Des véhicules se renversent régulièrement dans des bourbiers. D’autres s’enlisent et passent des jours avant de pouvoir se débarrasser de l’emprise de la boue. Il arrive parfois même que des véhicules passent des semaines en panne dans la brousse, sans secours », a-t-il ajouté.

Reliant la région de Koulikoro à celle de Sikasso, cette route touche 216 villages, huit arrondissements, vingt-et-une communes rurales, deux cercles et compte environ 400.000 habitants. Mieux, certaines de ces communes seront érigées en cercle et des villages en communes, à l’issue du nouveau découpage territorial.

La vérité, c’est que cette route constitue aujourd’hui le poumon de l’économie de l’ensemble de ces localités. Les foires hebdomadaires des localités comme Béléko, Kignan, Mena et Doumanaba, sont fréquentées par des commerçants venant de Bamako, Dioïla, Fana, Sikasso, Koutiala, Ségou et de tous les villages environnants. Ce sont de véritables lieux d’échanges économiques. Malheureusement, ces activités économiques sont souvent limitées à cause de l’impraticabilité de la route. Dans cette zone dont il est question aujourd’hui, les productions céréalières et cotonnières sont très abondantes sans compter l’apport en bétail, volaille, agrumes et produits maraîchers.

La CMDT se désengage !

La Compagnie Malienne de Développement Textile (CMDT), à travers ses filiales de Fana, de Dioïla et de Kignan, aménageait le tronçon pendant la campagne cotonnière. Il y a plus de quinze ans, elle n’en fait plus son problème. Aucun entretien n’est plus fait par la CMDT. Ce sont des groupements de jeunes de certains villages riverains qui s’organisent pour raccorder les fosses avec leurs maigres moyens.

Et pourtant, il faut noter la présence d’une usine d’égrainage de coton à Kignan avec une capacité de plus de 60 000 tonnes par an et sans oublier celles de Fana et de Dioïla qui sont toutes approvisionnées par les paysans desdites communes en coton brut. Ce qui constitue des dizaines, voire des centaines de milliards de FCFA pour l’économie malienne chaque année. En plus de cela, il est prévu à moyen et long termes, la construction d’une usine d’égrainage de coton à Béléko.

Toute chose qui confirme que ce tronçon a une importance capitale pour le développement économique dans les cercles de Sikasso et de Dioïla. Aussi, il joue un grand rôle dans le meilleur accès aux services sociaux de base pour les populations des différentes localités concernées. Face à cette situation jugée très grave, les autorités de la transition sont vivement interpellées, pour y apporter des solutions appropriées. Il s’agit tout simplement de le bitumer.

Ousmane BALLO

Source : Ziré

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