‘’Sans Détour’’ / Mali : transition barricadée

Oui, les autorités de la transition ne contrôlent quasiment plus rien. L’insécurité reste une réalité avec ses corollaires de morts ou de disparitions de militaires comme de civils. Rien  que du 1er avril et 30 juin 2021, au moins 527 civils ont été tués, blessés ou enlevés/disparus, selon la MINUSMA. Aussi le 2 septembre 2021, à travers la traditionnelle conférence de presse mensuelle de la Direction de l’information et des relations publiques des armées (DIRPA) sur la situation sécuritaire du pays, l’on note au moins quatre-vingt-huit civils et militaires tués sans compter les blessés seulement durant le mois d’août 2021.

Ces données prouvent à suffisance que l’on a encore du chemin à faire pour ce qui concerne la protection des personnes et leurs biens sur l’ensemble du pays. Plus d’un an après le coup d’Etat perpétré contre le régime d’Ibrahim Boubacar Kéita, le peuple ne s’attendait pas du tout à voir le pays encore dans cet état. Mais hélas ! Le paradis promis est loin d’être une réalité. Pire, l’on a du mal à connaître le vrai chef de la transition. Le président Assimi se trouve perché au palais présidentiel de Koulouba. C’est seulement ses posters que l’on voit accrochées sur les forages à travers les réseaux à longueur de journée. Quant au Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga, il semble se donner la mission de recevoir les seize millions de Maliens à la Primature pour leur inculquer son projet d’Assises nationales de refondation et de la création de l’Organe unique de gestion des élections. Au même moment, le pays continuer de brûler.

Au regard de tout cela, l’on ignore finalement la vraie priorité des autorités actuelles. C’est pourquoi, l’on assiste aujourd’hui à une diversion relative à la prolongation de la transition. Sauf que cela risque de diviser sérieusement les Maliens et même d’amener la Communauté internationale à durcir encore le ton avec notre pays. La vérité, c’est qu’il est incompréhensible de vouloir prolonger une transition qui peine à trouver une solution réelle à la situation du pays. Donc, il est inacceptable ou inadmissible d’ignorer la souffrance de ces populations au centre et au nord du pays, pour des simples intérêts égocentriques et politiques.

Aujourd’hui, l’on a l’impression que la plupart des ministres du gouvernement travaillent dans une dynamique de la prolongation de la transition. C’est ce qui fait que les secteurs prioritaires n’ont pas été suffisamment déterminés. C’est pourquoi, le président Assimi Goïta doit savoir parler ou agir au bon moment. Il s’agit, pour lui, de dire officiellement au peuple malien que la transition qu’il dirige ne sera pas prolongée. C’est la seule façon d’amener son gouvernement et ses partenaires à déterminer un programme clair, à se concentrer sur l’essentiel et à travailler à respecter la durée de cette transition. A moins que le président lui-même ne soit complice de cette spéculation.

Ousmane BALLO

Source : Ziré

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