Protection des animaux : l’ONG SPANA outille des journalistes sur les bonnes manières !

Dans le cadre de son programme de sensibilisation des populations sur la lutte contre la maltraitance des animaux, l’ONG SPANA  (Society for the protection of animals abroad) a organisé deux journées de formation et d’information à l’endroit des hommes de médias sur la protection et le bien-être animal. C’était les 27 et 28 juillet 2021 au siège de l’ONG.

En tout, une soixantaine de journalistes, toutes spécialités confondues, ont pris part à ces journées, à raison de trente par jour. Il s’agissait pour l’ONG SPANA de doter les hommes de médias des informations élémentaires sur la protection des animaux, le mode de fonctionnement des bêtes et les comportements à adopter vis-à-vis d’eux afin de sensibiliser au mieux les populations sur la question.

Ainsi, pour le mercredi 28 juillet, la séance s’est ouverte par le mot de bienvenue de Mme Benkali Mahawa Guindo, facilitatrice. Puis, Amadou Doumbia, docteur vétérinaire et responsable de SPANA au niveau du Mali, a fait un exposé. Dans un premier temps, il a fait une présentation de l’ONG SPANA, ses missions et ses acquis. Il a aussi parlé des objectifs de l’ONG à savoir : la protection des animaux et leur environnement ; l’amour et le respect des animaux chez les humains ; la préservation du bien-être des animaux ; l’augmentation de la capacité technique des agents et enfin le renforcement des lois de protection des animaux.

Selon le médecin-vétérinaire, des efforts ont été consentis par SPANA pour protéger les animaux à travers le pays. Dans son intervention, Dr Doumbia a expliqué qu’environ soixante-seize localités ont été visitées en 2019 par l’unité mobile de SPANA pour 30 630 équidés soignés. Aussi, il a rappelé qu’il y a un programme éducatif qui apprend aux enfants comment entrer en contact avec les animaux pour avoir non seulement de bonnes connaissances, mais aussi le savoir-vivre et le savoir-faire avec les animaux. Puis, un tableau de statistiques des animaux soignés au cours des années précédentes a été présenté aux participants.

Les animaux, des êtres vivants à protéger !

Selon le praticien, certes les animaux doivent être utilisés, mais dans des meilleures conditions, c’est-à-dire en tenant compte de leur bien-être. « Nous voyons à longueur de journée des cas de maltraitances qui visent les animaux. C’est déplorable, ce sont des êtres vivants comme nous qui ont besoin d’être protégés, d’être soignés quand ils tombent malades. Mais qu’est-ce qu’on constate ? Ils sont délaissés une fois après usage »,  a-t-il déploré.

Aussi, Mme Benkali Mahawa Guindo, facilitatrice de la formation a porté son exposé sur les différents types d’animaux. Dans ce tableau, elle a parlé d’animaux errants, de compagnie, de travail ou de production chez les domestiques classifiés, notamment par leur relation ou dépendance vis-à-vis des hommes. Ensuite, les animaux sauvages dont certains sont dans la nature, mais d’autres en captivité. Il s’agit, entre autres, de la vache ; de l’abeille ; du mouton ; de l’autruche ; du chien ; du dromadaire ; de l’âne ; de la pintade ; du lapin ; du singe ; du hibou ; de la hyène ; du lion ; de la chèvre ; du chat…

Un accent particulier sur l’âne !

Au cours de cette rencontre, les formateurs ont mis un accent particulier sur la protection des ânes qui, malgré son apport considérable dans les activités socioéconomiques du Mali, fait l’objet d’une négligence écœurante par ses propriétaires. Sur ce point, Dr Doumbia a pris un exemple poignant sur une pratique chinoise à travers l’EJIAO, une entreprise d’abattage des ânes. Selon lui, la population d’âne chinoise est passée de 11 millions en 1992 à 4,6 millions en 2017. « Le Mali a été touché par le phénomène en 2016, car la pratique des chinois est passée par là. Selon nos statistiques ici à SPANA, environ 1700 ânes étaient transités par semaine en 2016 à travers les différentes localités pour d’autres destinations. Donc, le danger est imminent, car le besoin d’ânes de la Chine est de 10 millions par an », a-t-il déclaré.

Aussi, le vétérinaire a-t-il estimé que les ânes ont une grande importance dans les activités socioéconomiques de notre pays. Pour cela, il demande aux Maliens non seulement de se réveiller, mais de redoubler de vigilance. Car, a-t-il ajouté, l’effectif des ânes au Mali est estimé à environ 3,5 à 5 millions contre une population humaine d’à peu près 20 millions.

Enfin, une fiche contenant des textes relatifs à la protection des animaux domestiques au Mali a été distribuée aux différents participants ainsi qu’un livre dénommé ‘’Tout sur les Animaux’’. A la fin des travaux, les participants ont reçu chacun une attestation.

Amadou Kodio

Source : Ziré