Hausse de prix de la viande et de l’huile : les explications des commerçants détaillants

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Sur la plupart des marchés du District de Bamako, l’huile alimentaire détaillée à 50 FCFA n’existe plus ; le tas de viande vendu à 300 FCFA a disparu des étalages des bouchers. Voilà autant de bouleversements sur nos marchés. Quasiment les prix de tous les produits de première nécessité ont pris l’ascenseur. Une situation qui rend très difficile la gestion du montant de la popote par les ménagères dont certaines choisissent volontairement de rayer la viande de la liste du menu du jour en la remplaçant par du poisson. Qu’est-ce qui explique cette soudaine flambée des prix ?  Lisez notre reportage !

Nous sommes au marché de Banconi Laibougou en Commune I du District de Bamako, ce 10 juin 2021. Il est environ dix heures, le marché est bien animé. Les femmes se bousculent devant les vendeurs détaillants. Elles sont toutes unanimes que les prix des produits de première nécessité ont grimpé. « Si l’argent de la popote ne suffit pas, on est obligées de remplacer la viande par le poisson. Parce qu’il est difficile de demander au chef de famille de donner plus d’argent. Le moment est difficile », nous confie une femme dans la foulée.

A l’entrée du marché, Drissa Kiré dit Bainy, un détaillant de l’huile alimentaire, témoigne : « Je n’ai jamais vu une telle hausse du prix de l’huile depuis que je suis commerçant. Aujourd’hui, le bidon de vingt litres de l’huile importée (Dinor) coûte 20 000 FCFA. Le bidon de vingt litres de l’huile locale est vendu chez les grossistes à 18 000 FCFA contre 14 000 FCFA. C’est du jamais vu depuis que je fais ce métier il y a plus de 30 ans. J’ignore les raisons, mais j’avoue que je suis dépassé par cette situation. En détaille, le litre d’huile importée (Dinor) est revendu à 1100 FCFA contre 800 FCFA. Quant au litre d’huile locale, nous le livrons à 900 FCFA contre 800 auparavant. Cette situation affecte considérablement notre clientèle. Avant, je pouvais vendre 60 litre d’huile par jour, mais aujourd’hui, je vends à peine 30 litres. »

Drissa Kiré dénonce par la même occasion le fait que la situation perdure que les autorités compétentes ne prennent des mesures concrètes. Non loin de lui, les femmes s’attroupent autour de l’étalage du boucher Oumar Tapili. Chez lui, le Kilogramme de la viande avec os est vendu à 3 000 FCFA.

Au marché de l’Hippodrome en Commune II, le constat est légèrement différent. En tout cas, chez Moctar Traoré, le Kilogramme de viande avec os est vendu à 2800 FCFA contre 2500 FCFA. Et la viande sans os à 3300 FCFA contre 3000 FCFA. Aussi, le kilogramme de la viande est détaillé à 400 FCFA contre 300 FCFA auparavant.  La plupart des bouchers évoquent la cherté de l’aliment bétail et de la crise sécuritaire comme principales causes de cette hausse de prix. « Rares sont les clients qui peuvent payer ½ kilogramme de viande. On est obligé de rester ici au marché jusqu’à 20 heures », nous a précisé Moctar Traoré.

« Je pense que beaucoup ont cessé de consommer la viande »

A l’autre bout de la rangée, sur le même marché d’Hippodrome, se trouve le magasin de Abdoul Wahab Cissé. Il est vendeur de l’huile de consommation. Ici, le prix d’achat du bidon de vingt litres d’huile importée (Dinor) est le même qu’à Banconi (20 000 FCFA). Aussi, Abdoul Wahab Cissé achète-t-il le bidon de l’huile locale à 17 500 FCFA contre 16 500 FCFA chez les grossistes. « Avant, je pouvais écouler mes deux bidons (souvent trois) en une semaine. Mais maintenant, il me faut deux fois plus de temps pour les vider », a-t-il souligné.

Sur le marché de Ouolofobougou en Commune III, le Kilogramme de viande avec os est cédé à 3 000 FCFA, contre 2800 FCFA. De même, le kilogramme sans os est vendu à 3500 FCFA contre 3300 FCFA. « Je pense que beaucoup de clients ont cessé de consommer la viande aujourd’hui à cause de cette situation. Avant, je pouvais vendre plus de 30 kilogrammes par jour, mais ces derniers temps, je vends à peine 15 kilogrammes », nous a confié de son côté, Amadou Telly.

Sur le même marché, Amadou Demba Bah, est un commerçant détaillant qui vend de l’huile. Son témoignage est éloquent : « Je paie le bidon de litre d’huile locale à 1700 FCFA contre 14 000 FCFA au paravent. Ce coût ne prend pas en compte les frais de transport. Le bidon d’huile importée me coûte 20 000 FCFA chez le grossiste contre 18 000 FCFA. Souvent, tu peux tomber sur des bidons dont le contenu n’atteint pas réellement les vingt litres. »

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le prix du kilogramme de la viande et du litre d’huile ont pris l’ascenseur. Selon les services compétents, l’huile consommée au Mali est de deux types : l’huile importée à partir d’autres pays comme la Côte d’ivoire et le Sénégal et celle produite localement. Cette production locale dépend en grande partie des graines de coton. Aussi, le récent mouvement de grève de l’Union Nationale des Travailleurs du Mali (UNTM) est évoqué par certains acteurs comme étant un facteur aggravant.

Quant à la viande, les acteurs soulignent le prix de l’alimentant bétail et la crise sécuritaire qui secoue le Mali il y a bientôt une décennie. De nos jours, a-t-on appris, le prix du bœuf embouché n’est pas en dessous de 500 mille F CFA.

A O

Source : Ziré