Dégradation de la situation au centre : le nombre de déplacés internes en hausse

La situation humanitaire dans notre pays est de plus en plus inquiétante.  En effet, dans son dernier Rapport, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations-Unies (Ocha) révèle qu’endébut 2021, 358.212 personnes sont estimées être des Réfugiés ou des Déplacés internes.Les besoins d’assistance alimentaire restent importants : 950.000 personnes y sont concernées.Dans son Rapport, l’ONG humanitaire attire l’attention sur les violences intra-communautaires qui ne cessent d’augmenter dans le Centre-sud du pays.

Le contexte reste dominé par une combinaison de chocs ayant des impacts multiples sur les modes de vie des personnes et des communautés. L’instabilité politique, l’insécurité et les conflits, le sous-développement, la pauvreté, les catastrophes naturelles et l’insécurité alimentaire continuent de provoquer des mouvements de populations. Aussi, le nombre de Déplacés ne cesse d’augmenter.

Aussi, durant le premier trimestre de l’année 2021, dans un contexte marqué par l’insécurité et la pandémie à coronavirus, les groupes armés ont poursuivi leurs attaques contre les populations civiles dans les Régions du Nord et du Centre du pays. Dans le Centre du pays, des cas de violences intercommunautaires et les affrontements ont été signalés. Le caractère violent des conflits a provoqué d’importants déplacements de populations tant à l’intérieur du territoire malien que vers les pays limitrophes.

La situation dans le Centre et le Nord du pays reste instable et est marquée par l’augmentation des attaques directes ou indirectes visant les forces armées nationales et internationales ainsi que les populations civiles. Un nouveau cycle de violence a aggravé la situation et provoque des déplacements forcés.

Ainsi, le caractère ponctuel de ces nouveaux déplacements exige une importante flexibilité des services disponibles dans les sites et autres zones d’accueil des Déplacés.

Chaque jour, des nouvelles personnes déplacées internes (PDI) continuent d’être enregistrées. Ces mouvements ont un impact considérable sur les personnes forcées de fuir leurs foyers et sur les communautés qui les accueillent.

Afin de répondre aux besoins des populations déplacées internes, rapatriées et retournées, la Commission Mouvement de Populations (CMP) recueille et analyse les informations sur les mouvements de populations à l’intérieur du Mali, afin de fournir un état complet des mouvements de populations et à la demande de ses partenaires.

En outre, les nombreux Déplacés (950.000 personnes) ont besoin d’assistance alimentaire d’urgence.

En effet, selon les derniers chiffres du Cadre Harmonisé de novembre 2020, près de 440.000 personnes sont actuellement en insécurité alimentaire. Au nombre de ceux-ci, 3.227 en phase d’urgence et 423.090 autres en phase de crise. Si la situation sécuritaire a un fort impact sur l’accès à la nourriture, cette année les effets secondaires de la pandémie COVID-19 ressentis par la population sur le court et moyen terme, mettent davantage à risque cet accès à la nourriture. En dépit de ces difficultés qui ont poussé 950.000 personnes vers un besoin d’assistance alimentaire d’urgence, l’analyse des tendances montre qu’en 2020 une amélioration de la sécurité alimentaire s’est confirmée en comparaison avec 2019.

En effet, environ 8% de la population en phase 3 a pu être enregistrée ainsi qu’une réduction significative d’environ 70% de la population en phase 4.

Le contexte sécuritaire continue de se détériorer

Le contexte humanitaire a continué de s’aggraver en raison des effets immédiats des conflits et de la violence multiforme. Cette tendance continue en 2021. Les conflits inter et intracommunautaires, l’activisme des groupes armés non étatiques (GANE), les conséquences des opérations contre insurrectionnelles, la criminalité et le banditisme continuent de fragiliser le contexte malien.  A ces chocs, s’ajoutent les contraintes naturelles (sécheresses et inondations) et la COVID-19, qui, avec ses impacts sanitaires et non sanitaires, touche tous les secteurs sociaux de base ainsi que la protection des moyens de subsistance des ménages. Dans ce contexte complexe, les civils, toutes communautés confondues, continuent d’être la cible d’attaques, en particulier dans le centre du Mali.

Le monitoring de protection de l’UNHCR a enregistré 3040 incidents de protection entre janvier et septembre 2020, contre 1 882 incidents pour toute l’année 2019, ce qui constitue une information alarmante. Bien que les incidents soient fortement concentrés dans la région de Ségou et celle du Liptako-Gourma avec des dynamiques transfrontalières importantes (notamment avec le Burkina Faso et le Niger), une nouvelle tendance s’ajoute. Les violences intra-communautaires augmentent au Centre et au Sud du pays et ceci complexifie davantage les dynamiques de confit et détériore l’environnement de protection.

Mémé Sanogo

Source : L’Aube