Mali : bientôt la réparation des victimes de violations graves de droits de l’homme  

En prélude à la conférence internationale sur la justice transitionnelle axée sur la réparation des victimes de violations graves de droits de l’homme qui aura lieu les 16 et 17 mars 2021, à l’Ecole de Maintien de la Paix Alioune Blondin Beye (EMP) de Bamako, sur le thème «La réparation, une voie vers la réconciliation et la stabilisation vers une paix durable», la CVJR (Commission Vérité Justice et Réconciliation), a organisé une Conférence de Presse, le mardi 09 mars 2021, à la Maison de la Presse. Ladite Conférence a été animée par le Président   de la Commission, Ousmane Oumarou Sidibé, en présence de tous ses commissaires.

Selon Madou Diabaté, Commissaire à la CVJR, Coordinateur de la sous-commission réparation, la conférence de presse a visé un seul objectif :  Informer l’opinion nationale et internationale de l’initiative de la CVJR de faire une conférence internationale sur les questions de réparation qu’on appelle justice transitionnelle. Selon, elle sera axée sur la réparation des victimes de violations graves de droits de l’homme. Ainsi, il s’agit de contribuer au renforcement de la paix et de la réconciliation au Mali par la mise en œuvre de la politique de réparation portée par la Commission Vérité, Justice et Réconciliation (CVJR) ; de donner une visibilité et un soutien international au droit à une réparation intégrale des victimes du Mali; d’examiner les progrès de la CVJR en matière de politique de réparation à la lumière de l’expérience comparée et des meilleures pratiques; de créer un cadre de discussion sur les droits des victimes à réparation dans un contexte de conflit continu par le partage des cas probants de réparation, l’expérience des victimes et des solutions à apporter…

«La conférence internationale vise en général, à examiner les progrès réalisés par la CVJR et dans le domaine de la politique de réparation et pouvoir s’inspirer d’autres expériences à travers le monde par exemple le cas de la Tunisie, du Togo, des expériences qui viendront de l’Amérique latine, des Nations unies. Cela va nous permettre de baliser la voie et d’aller vers une réparation beaucoup plus intégrée et intégrale. Par exemple d’autres expériences au Mali, en matière de réparation. Il y a eu l’événement de 1991, où il y avait une loi qui avait été votée en 1998 pour administrer les réparations. Il y a aussi la loi de 2012, où on devait mettre en place une commission d’indemnisation qui n’a pourtant pas marché », souligne-t-il.

Rappelons que plus de 20.000 victimes ont fait leurs dépositions au niveau de la CVJR. La politique nationale de réparation des victimes, de 1960 à nos jours, a été déjà déposée sur la table du gouvernement par la CVJR et cela n’attend que son approbation.

La conférence internationale sur la justice transitionnelle axée sur la réparation des victimes de violations graves de droits de l’homme, organisée par la CVJR est appuyée financièrement et techniquement par les partenaires du Mali comme la Coopération allemande à travers le Projet d’Appui à la Stabilisation et à la Paix (PASP) ; la GIZ; l’ONU Femmes et la MINUSMA.

Pépin Narcisse LOTI / Afrikinfos-Mali