Respect des droits de l’Homme au Mali : l’appel de la CNDH…

Le 10 décembre 2020 s’est tenue à l’École de Maintien de la Paix Alioune Blondin Beye, la 12e édition du Symposium national sur les Droits de l’Homme (CNDH). A cette occasion, la Commission nationale desDroits de l’Homme a fait un point sombre sur l’état actuel de la situation des droits de l’homme avant de formuler des recommandations à l’endroit de l’État malien et des partenaires internationaux pour une meilleure protection des droits humains au Mali. La cérémonie qui a réuni plusieurs acteurs du domaine, a été présidée par le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Mohamed Sidda Dicko.

Cette 12èmeédition se tient au moment où la situation des droits de homme est de plus alarmante au Mali. Ainsi, l’objectif de la rencontre est de réduire les cas de violations des droits de l’homme en période de conflit. Il s’agit égalementd’amener les acteurs de la défense, de la sécurité, de la justice et des organisations de la société civile à collaborer pour plus d’efficacité, de redevabilité, d’intégrité et de respect des règles de droits en période de conflits armés.

Selon le président de la Commission Nationale des Droits de l’Homme, Aguibou Bouaré, l’année 2020 a été particulièrement éprouvante pour les populations puisqu’ayant soumis leurs droits fondamentaux à rude épreuve. Selon lui, le contexte de la crise sociopolitique qu’a connu notre pays a créé un terreau fertile à de multiples violations de droits humains, notamment des assassinats, des exécutions extrajudiciaires, des enlèvements et disparitions forcées, des violences sexuelles basées sur le genre, des cas de torture, etc. « Les évènements des 10, 11 et 12 juillet et ceux du 18 août 2020 ont apporté leur lot de violations et d’abus des droits de l’homme avec l’utilisation des balles réelles par les forces de l’ordre contre des civils ayant occasionné des pertes en vies humaines et des actes de pillages des biens publics et privés par des manifestants occasionnant des dégâts matériels », a-t-il précisé.

En ce qui concerne les menaces terroristes, le président de la CNDH a souligné : « C’est au seul prix d’une mobilisation internationale efficace autour des zones infestées, dont notre pays, par les auteurs et complices de crimes abominables contre l’humanité que la progression fulgurante des violations graves des droits humains pourrait être freinée. Nous en appelons aussi, vivement, au Conseil de Sécurité des Nations Unies à l’effet de doter les forces onusiennes en moyens suffisants et surtout d’un mandat robuste permettant d’assurer une protection efficace des populations civiles et de leurs biens sur l’étendue du territoire malien ».

L’incarcération, une situation inquiétante !

Parlant des droits des personnes détenues dans les maisons d’incarcération, Aguibou Bouaré a estimé que « cette métaphore permet d’attirer l’attention de tous sur les violations des délais légaux de détention, la surpopulation carcérale, la corruption en milieu carcéral, les mauvaises conditions d’hygiène, l’absence d’infirmerie dans la plupart des maisons d’arrêt au Mali. De même, des cas de traitements inhumains ou dégradants, y compris des cas de torture, sont à déplorer au niveau de certaines maisons d’arrêt. »

Ainsi, la Commission nationale des Droits de l’homme prend les autorités nationales à témoin devant l’extrême violation des droits humains au Mali. Il s’agit des massacres subis par les populations au nord et au centre du pays, des arrestations arbitraires sur l’ensemble du territoire et surtout les cas d’esclavage dans la région de Kayes, ainsi que les violences basés sur le genre. A cela s’ajoutent les manques cruciaux des services sociaux de base dans plusieurs localités du nord et du centre à cause de l’insécurité.

Des recommandations !

Afin de réduire davantage les violations des droits humains, la CNDH a formulé des recommandations adressées à l’Etat. Il s’agit, entre autres, de renforcer les capacités des forces armées et de sécurité pour une meilleure protection des personnes et de leurs biens ; de lutter efficacement contre l’impunité en diligentant les enquêtes sur les cas de violation des droits humains allégués ; de rechercher, identifier et poursuivre les auteurs et complices de violation des droits humains ; de poursuivre la réforme du service public de la justice en allouant les ressources nécessaires à une performance de l’appareil judiciaire ; de doter la CNDH de moyens humains et financiers lui permettant d’être opérationnelle sur toute l’étendue du territoire national, en étroite collaboration avec la société civile.

Amadou Kodio

Source : Ziré