Insécurité au centre : les terroristes et leurs nouvelles stratégies !

A quand la fin des massacres dans les régions du centre ? C’est la triste question que l’on ne cesse de se poser. Parti de la région de Mopti, près de la frontière avec le Burkina Faso vers 2015, le violent conflit qui s’est installé dans cette région il y a cinq ans, s’est propagé peu à peu vers les autres zones du centre du pays. Alors que les populations s’attendaient à des solutions rapides et concrètes de la part des nouvelles autorités, la crise continue de faire son petit chemin de bonhomme.

Ogossagou 1, Ogossagou 2 ou encore Soban-Dah, les assaillants sont passés par là, causant de nombreuses victimes civiles. Aussi, plusieurs autres villages ont été complètement décimés par des hommes armés présumés terroristes. Aujourd’hui encore, la violence reste vive dans la partie centrale du pays même si elle reste très peu médiatisée.

L’occupation du village de Farabougou le mois dernier par des terroristes durant des semaines  est l’illustration parfaite que le conflit du centre sous toutes ses formes est loin d’être enterré. Pas plus tard que le mardi 03 novembre 2020, un bus transportant des riverains a été attaqué au niveau du Pont de Parou situé entre Bandiagara et Bankass. Une attaque qui a fait neuf morts et sept blessés graves. Il faut aussi rappeler que depuis la levée du Check-point des chasseurs traditionnels dogons par l’ancien premier ministre,  Boubou Cissé, plus d’une dizaine d’attaques ont été produites autour de ce Pont provoquant au moins 115 morts. Le Pont quant à lui, constamment attaqué par les terroristes qui veulent couper la zone avec le reste du Mali, n’a jamais pu être réparé.

Une cohabitation forcée entre terroristes et populations

S’il y a une stratégie pour ces groupes armés terroristes visant à s’installer dans plusieurs zones de la région de Mopti, c’est bien cette cohabitation forcée avec les populations. Par cette politique, les terroristes travaillent à se substituer à l’Etat partout où les services publics sont absents. « Par la force des choses, les groupes armés terroristes et les populations  cohabitent dans plusieurs zones au centre du pays »,témoigne un habitant de la région sous anonymat. Il y a trois mois maintenant, un cessez-le-feu a été miraculeusement instauré dans les cercles de Koro, Bankass, Bandiagara et Douentza. Un pacte de non agression entre non seulement les différentes communautés qui se regardaient en chien de faïence, mais surtout entre des mouvements armés. Les conditions de ce pacte verbal sont très claires. D’une part, les populations peuvent reprendre leurs activités sans être agressées à condition qu’elles abandonnent toute collaboration avec les chasseurs et même avec l’armée dans la traque des terroristes. D’autre part, les terroristes restent armés à travers leurs différentes bases et peuvent venir se ravitailler en vivre dans les villages en cas de besoin. Car selon la nouvelle donne des terroristes, leur cible n’est plus que les forces armées et de sécurité qui ont pour alliés les forces étrangères.

Diviser pour mieux régner !

Ce qu’il faut comprendre, c’est que les groupes terroristes mis à mal par la résistance féroce des chasseurs traditionnels dogons et des forces armées et de sécurité du Mali, pour ce qui concerne dans la région de Mopti, veulent trouver de nouvelles stratégies pour pouvoir se cacher derrière les populations civiles. Il s’agit de chérir les communautés locales tout en remontant les habitants contre toutes autres forces de défense présentes dans lesdites zones. Certes, ces populations savent que c’est un pacte avec le diable, mais c’est un arrangement qui les met à l’abri de la psychose et des attaques instantanées et perpétuelles. Ce qui sûr, c’est que cette situation complique davantage la tâche aux autorités dans la lutte contre les groupes armés terroristes au centre et dans le reste du pays.

Amadou Kodio

Source : Ziré