Mali :l’ONU appelle les autorités de la transition à relancer la mise en œuvre de l’Accord

Ce jeudi 1er octobre 2020 s’est tenue, au Quartier général de la MINUSMA à Bamako, une réunion de la Médiation internationale sur la mise en œuvre de l’Accord pour paix et la réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger. Cette rencontre était présidée par l’Ambassadeur d’Algérie, chef de file de ladite médiation, SEM. Boualem CHEBIHI, en présence du Chef de la MINUSMA, Mahamat Saleh ANNADIF ainsi que de certains Ambassadeurs et représentants d’Organisations Internationales, du représentant de la CEDEAO.

Cette rencontre intervient au lendemain de l’appel du secrétaire général de l’ONU, Antonio GUTERRES, invitant les autorités de la transition à reprendre la mise en œuvre de l’accord de paix de 2015 qui, dit-il, est fondamental pour la stabilité du pays, dans un rapport remis cette semaine au Conseil de sécurité. «L’accord de paix demeure le cadre pertinent pour des réformes institutionnelles urgentes, et sa mise en œuvre doit rester une priorité», a souligné le chef de l’ONU, rapporté par l’AFP.

«Il n’y a pas d’alternative viable. J’appelle les autorités de transition à endosser l’Accord et les mouvements signataires à renouveler leurs engagements à prendre des mesures concrètes pour garantir des progrès dans la mise en œuvre de l’accord», ajoute Antonio GUTERRES.

Cette sortie du Chef de l’ONU traduit la préoccupation des Nations unies après le coup d’Etat militaire dirigée par le colonel Assimi GOÏTA qui a renversé le pouvoir du président IBK le 18 août 2020.

Pour l’ONU, le vide politique est très préoccupant, car il risque de retarder davantage la mise en œuvre de l’accord de paix et du programme de réformes, déjà considérablement ralenti les mois précédents.

« J’exhorte donc toutes les parties prenantes maliennes à travailler ensemble, dans un esprit de compromis, pour créer les conditions nécessaires à une transition consensuelle et inclusive », précise le secrétaire général.

Selon lui, une feuille de route pragmatique sera nécessaire pour assurer la continuité de l’Etat et pour créer les conditions de base pour la mise en place d’institutions démocratiques plus fortes, des règles du jeu équitables pour les élections nationales et le rétablissement complet de l’ordre constitutionnel.

Hier jeudi, les acteurs du processus de paix ont donc tenté de relance la mise en œuvre de cet Accord à l’arrêt depuis l’apparition du COVID-19 en mars 2020 au Mali. Mais aussi et surtout de la crise politique avec la tenue du premier rassemblement du M5-RFP le juin 2020 pour exiger le départ du président IBK du pouvoir.

Au cours de cette session, les participants ont déploré l’absence de Gouvernement malgré la désignation du président et de son vice-président ainsi que la nomination d’un Premier ministre dimanche dernier pour diriger la transition.

Pour rappel, la dernière session remonte au mois de mai 2020, tenue à Bamako. Lors de cette 39è session, les participants s’étaient félicité de la tenue de cette session en dépit de la crise de la pandémie du COVID-19 que traverse le monde.

Aussi, ils avaient appelé à l’accélération de la mise en œuvre du volet Défense et Sécurité de l’Accord, avec en priorité, le parachèvement du programme DDR-I déjà en cours pour 1840 combattants et son extension pour atteindre l’objectif de 3000 éléments concernés d’ici fin juin 2020.

Avant de quitter le Mali, la médiation avait invité les parties signataires à désigner, chacune, à ce stade, deux représentantes féminines au sein de leurs délégations respectives à partir de la 40e session du CSA, dans l’esprit de la décision de la 38e session du CSA et des conclusions de l’atelier de haut niveau organisé à Bamako les 22-23 janvier 2020 sur la promotion de la participation des femmes dans la mise en œuvre de l’Accord.

Enfin, ils ont aussi insisté sur l’utilité du renforcement de la concertation inter-malienne dans l’esprit d’une plus grande appropriation de l’Accord tel que prôné par le Dialogue National Inclusif.

Abdoulaye OUATTARA / afrikinfos-mali