Chute de l’ancien régime : et si IBK était le vrai commanditaire pour se défaire de ses preneurs en otage

Une page de l’histoire du Mali vient d’être fermée. Les supputations vont bon train et les évènements qui ont conduit à cela, sont interprétés différemment. Notre analyse nous amène à conclure que le chef de l’Etat « déchu » Ibrahim Boubacar Keita est le grand bénéficiaire.

La crise qui a secoué notre pays pendant près de six mois était devenu une épine au pied du président Ibrahim Boubacar Keita au point qu’il ne savait plus sur quel pied danser. On peut tout reprocher à l’ancien locataire de Koulouba sauf qu’il n’aime pas son pays. Le climat social et politique s’est tellement détérioré que Ladji Bourama n’en voulait plus. Mais comment se défaire de ces vautours qui lui avaient pris en otage pour satisfaire leur salle besogne ? Et le gros problème pour lui, était devenu son propre entourage, plus exigeant que le mouvement du 5 juin. En réalité, s’il ne tenait qu’à IBK, la crise allait prendre fin dès les premières heures de son enclenchement. Mais seulement, deux choses étaient au travers de la bonne foi d’IBK : le sort qui sera réservé à son entourage immédiat et à sa famille après son départ. Son entourage pour ne pas perdre sa manne était prête à tout, même au sacrifice du vieux. Le turbulent garçon Karim Keita et ses amis aussi avaient leur agenda, à savoir, prendre la succession du papa qui, à leurs yeux était presque mourant. Ils formèrent pour cela un cercle infernal pour s’approprier tout,non seulement au mépris du père qui leur a tout donné mais aussi et surtout du peuple malien. Quant à son entourage immédiat, loin de souhaiter le bonheur du vieux, il cachait la réalité du pays à celui qui, pourtant leur avait tout donné. Le seul objectif de ces vautours qui rodaient autour de lui était de se faire la poche par tous les moyens. Mais ils scandaient toujours que tout allait bien et qu’il n’y avait aucune crise au Mali. Au moment où le monument de l’indépendance était bondé de monde, Ils faisaient même croire à Ibrahim Boubacar Keita que les meetings du M5 n’étaient que des concerts. N’est-ce pas là une ingratitude envers celui qui leur donnait tout ? Mais cela n’était pas leur problème. La seule chose qui leur préoccupait était de préserver coute que coute le pouvoir pour leur jouissance personnelle. L’enfant terrible qui devait protéger son père, était encore pire. Avec ses amis, ils se sont injustement accaparés de toute la fortune du pays. Son parti, qui regorgeait encore quelques fidèles inconditionnels, a été stigmatisé au profit d’un soi-disant fils adoptif « nommé » par ses propres soins, président de l’assemblée nationale. Ce dernier au lieu de faire preuve de sagesse et de discernement pour sauver celui qui lui a tout donné, a voulu s’accrocher à ce poste qui lui avait été gracieusement offert.

Quant à son « fils » premier ministre, il fut la grande déception. Sachant qu’il était devenu le problème, il s’est quand même obstiné à s’accrocher à son poste jusqu’aux ultimes secondes de survie du régime. Même conseillé par l’imam Dicko qui était pourtant à la base de sa nomination et qui l’a toujours considéré comme son fils, en ces termes : «Tu constitues aujourd’hui le problème plutôt que la solution, je te conseille de rendre ta démission ». Boubou Cissé refusa de rendre le tablier. Tout ce beau monde était donc autour du président IBK et l’enfonçait chaque jour que Dieu fait. Il ne savait plus que faire face à la situation. Alors, sa seule porte de sortie était un « coup de pouce des militaires ». Et vraisemblablement, cette option fut son choix. Ces jeunes militaires patriotes ont soulagé le vieux qui, en réalité, n’en pouvait plus. Ils sont venus le chercher dans la plus grande courtoisie, en chef d’Etat, pour aller le mettre à l’abri de la pression de son entourage qui voulait coute que coute le maintenir au pouvoir afin de continuer à enterrer le pays. Il a même instruit à ses « fils » militaires en sortant de chez lui : «Pas d’effusion de sang» et à eux de répondre avec le mot qu’il affectionne «inchallah». Tout compte fait, n’ont-ils pas sauvé le désormais ex-président ? Certainement oui ! N’est-il pas possible que ce soit le schéma d’IBK lui-même pour sortir entre le marteau et l’enclume ? En tous les cas, il a moins de soucis aujourd’hui qu’il y a quelques temps. Que feront ces vautours aujourd’hui ? L’avenir nous en édifiera.

Bakara Diallo

Source : L’Analyste