Actes de vandalisme du M5-RFP : situer toutes les responsabilités sans complaisance

Chez les intellectuels, la violence est le moyen généralement employé par les esprits moins réfléchis. La tournure qu’a prise la marche du M5-RFP du vendredi 10 juillet 2020, explique à quel point les manifestants se sont  trompés sur le compte de leurs leaders. Ainsi, c’est le moment de situer toutes les responsabilités sans aucune complaisance.

L’hémicycle totalement saccagé et calciné, des bureaux de l’ORTM et Haut Conseil des Collectivités, ainsi que des véhicules de service et personnels incendiés. Des images pathétiques et désolantes qui n’honorent pas du tout. L’on aurait dit que des terroristes étaient passés par là. Ces actes affirment une fois de plus que ces leaders du M5-RFP n’ont pas la main sur leurs militants. Ou alors, leurs bonnes volontés sont mises en doute.

Et pourtant c’était prévisible et de loin. Puisque les manifestants très passionnés, avaient juré de se faire entendre. Après deux vendredis de démonstration de force très pacifique, le Mouvement du 5 Juin Rassemblement des Forces Patriotique (M5 RFP) a fini par arriver à ce qui était redouté par de nombreux Maliens : la violence. Cela après l’échec des séries de négociation avec le président de la République, Ibrahim Boubacar Keita, ainsi qu’avec la CEDEAO.

Le scepticisme de ceux qui doutaient de la bonne organisation des leaders du M5-RFP pour arriver à leur fin sans violence a fini par se confirmer. Déjà avant la manifestation du 10 juillet 2020, Issa Kaou N’Djim, l’un des leaders du M5 avait déclaré: « Si le Mali doit exploser, ça va exploser, mais nous ne reculerons pas devant quoi ce soit. »Finalement, l’explosion du Mali était l’ordre du jour ce 10 juillet 2020.

Certes, le leader charismatique du M5-RFP, en la personne de l’Imam Mahmoud Dicko était personnellement resté le plus pacifique possible, mais apparemment, il n’a rien pour calmer ou empêcher ses acolytes d’aller à la dérive. Il revient que durant le week-end dernier, les forces de l’ordre et de sécurité ont procédé à l’interpellation d’au moins cinq figures du Mouvement. Il s’agit de Issa Kaou N’Djim, Choguel Maïga, Mountaga Tall, Oumara Diarra et Adama Ben Diarra. Ils ont été tous relâchés le 13 Juillet 2020 dans l’après midi. Quant à il l’Imam Dicko, il ne s’est pas du tout inquiété. Pourtant, il est supposé être aussi responsable que les autres dans ces actes de vandalisme.

Une masse qui échappe au contrôle !

Certains diront que le M5 est tombé dans le piège du régime. Mais, une chose est sûre, il n’a pas su contrôler ses militants. La dernière arme du mouvement du 05 juin qui était la désobéissance civile a été finalement utilisée et a donné ses résultats. Tout le week-end durant et même le lundi dernier, Bamako a connu des échauffourées de part et d’autre avec onze morts du côté des manifestants et plus de 140 blessés, sans compter les dégâts matériels d’une valeur inestimable. Ces violences survenues en cette période très difficile que traverse le pays, témoignent que les leaders du M5-RFP sont loin d’être des exemples en matière de lutte citoyenne et démocratique.

Amadou Basso

Source : Ziré