A l'issue d'un atelier de  restitution nationale  du rapport de la recherche  formative sur la gestion de l'hygiène menstruelle au Mali, tenu le 3 avril 2019 à l'hôtel Onomo de Bamako, nous avons interrogé la présidente de la plateforme Nationale pour la gestion de l'hygiène menstruelle, Mme Coulibaly Salimata Diarra. Elle nous donne quelques détails sur la gestion de la menstruation chez les femmes en général et les adolescentes en particulier, dans le milieu scolaire. 

Madame la présidente, pourquoi cette initiative sur la gestion de l'hygiène menstruelle?

Notre travail consiste à veiller à ce que, au niveau de tous les milieux scolaires, des dispositions adéquates soient prises pour que les filles ne soient pas gênées en période menstruelle. Il faut  désormais éduquer les filles sur la gestion de cette période. La gestion de l'hygiène menstruelle est un problème réel et nous nous sommes dit qu'il est de notre devoir d'assister la jeunesse. Vous savez que c'est à l'âge de sept, huit ans que les enfants vont en général à l'école.  A un moment donné, les filles ont des problèmes de menstruation. Nous voulons donc les aider à pouvoir gérer de manière efficace cette situation qui dure de quatre à cinq jours pour les adolescentes et les autres. Il ne faut pas que cette étape soit un handicap pour elles, parce que la plupart d'entre elles ont des complexes en cette période, sinon même des difficultés à gérer la situation. Il y en a qui peuvent tomber enceinte. Une chose qui risque de plomber leurs carrières. Ce que nous voulons, c’est justement d'éviter que la gestion de l'hygiène menstruelle ne soit pas un handicap pour la jeune fille.  

Quelles sont concrètement les difficultés auxquelles ces adolescentes font face?

Les filles peuvent souffrir du fait que les toilettes ne soient pas adéquates ; elles peuvent être également gênées par la non-disponibilité  de l'eau au niveau des écoles. Donc, il faut qu'il y ait de l'eau et que l'on puisse faire en sorte que dans la réalisation de nos écoles, toutes les commodités soient réunies pour affronter l'âge de la puberté. 

Concrètement, qu'est-ce vous allez faire en tant que plateforme?

Ce que nous préconisons déjà, c'est de faire intervenir nos partenaires au niveau des écoles ; faire intervenir l'État aussi pour que les structures scolaires, surtout là où il y a les filles, puissent être dotées de tous les moyens nécessaires pour la bonne gestion de l'hygiène menstruelle. 

Combien d'années ce projet va-t-il durer et quelles sont les localités ciblées au Mali?

Je ne peux le dire avec certitude. Mais ce qui est sûr, c’est que le projet va au-delà de cinq ans, avec l'accompagnement de nos partenaires.

Avez-vous des conseils particuliers à donner ?

Bien évidemment, j'ai des conseils à donner. Il s’agit de demander à tout le monde de s'impliquer dans ce projet ; d’autre part je souhaite que le groupe  puisse rester soudé et que tous s'accompagnent partout afin que la tâche qui nous a été confiée soit une réussite et cela pour l'épanouissement de nos filles et de nos femmes.

Est-ce à dire que vous sentez déjà des difficultés pour la réussite de cette mission ?

J’avoue qu'en termes de difficulté, on ne peut pas dire qu'il n'y en aura pas. Mais ce qui est sûr, c’est que nous sommes engagés pour relever tous les défis. Vous savez qu'aujourd'hui, c'est un sujet dont on ne parle pas beaucoup. Donc, il est temps qu'on en parle pour le bien des adolescentes et la réussite des femmes en milieu scolaire. 

Entretien réalisé par Amadou Basso 

Source : Ziré-Hebdo