La crise qui secoue le football depuis janvier 2015 pourra connaitre bientôt son épilogue. En effet, l’élection pour la présidence du nouveau comité exécutif de la fédération malienne de football est prévue le 29 août prochain. Trois listes sont en compétition, elles sont conduites par Salaha Baby, Mamoutou Touré dit Bavieux et Alassane Souleymane. Au-delà de cette élection, c’est l’heure de sortir le football malien des griffes de certains clans mafieux qui le prennent en otage depuis plusieurs années. Retour sur cette crise sans précèdent dans l’histoire de notre football. Depuis 2015, une crise aigüe et sans précédent secoue le football malien. Une situation imposée par une guerre d’ego et d’intérêt entre les différents protagonistes du monde du ballon rond.

Tout est parti de l’assemblée générale ordinaire(AGO) qui s’est tenue le 31 octobre 2015 où le Comité exécutif d’alors dirigé par Boubacar Baba Diarra avait introduit une demande de suspension à l’encontre d’un grand nombre de personnes physiques au motif que celles-ci avaient participé à une assemblée générale extraordinaire qui s’est déroulée le 30 Août 2015, en application de l’article 37 des statuts de la FEMAFOOT, sur convocation de plusieurs membres. Sans surprise cette AGO a finalement prononcé des suspensions à l’encontre des personnes en question, certaines ayant été suspendues à vie.

Après plusieurs médiations infructueuses, l’affaire fut finalement menée par Yéli Sissoko, ancien  président de la Commission centrale des finances de la FEMAFOOT, ( suspendu)  et le Collectif des ligues et clubs majoritaires (CLCM) regroupant les clubs contestataires (Djoliba AC, COB, Centre Salif Keïta (CSK) et l’Avenir Club de Tombouctou), piloté par Mamadou Dipa Fané, président de l’Union des anciens footballeurs du Mal CLCM devant le Tribunal arbitral du sport (TAS), instance juridictionnelle de dernier recours. Suite à l’audience du 2 juin 2016, où les protagonistes des deux parties et leurs avocats furent entendus à son siège de Lausanne (Suisse), le TAS a rendu sa sentence le 4 octobre 2016. Dans ses conclusions, il déclare que « l’Assemblée générale organisée le 31 octobre 2015 par la FEMAFOOT est nulle, ainsi que les décisions adoptées ». Et au TAS d’ordonner la convocation d’une autre Assemblée générale avec à l’ordre du jour la révocation de Yéli Sissoko et la suspension de toute autre personne physique au plus tard le 30 novembre 2016

La crise atteint une nouvelle escalade lors de l’assemblée générale du 10 janvier 2016, lorsqu’une partie des délégués présents a quitté la réunion pour se retrouver dans une autre salle dans le but de constituer un comité exécutif parallèle et qui décide de saisir la FIFA après en avoir informé le Ministre des Sports qui ne dit rien;

On connaît la réponse de la FIFA qui a infligé un camouflet cinglant  à ce bureau auto proclamé et qui ne reconnaît que le comité exécutif présidé par Boubacar Baba Diarra.

L’impossible réconciliation

Tel un défi au TAS, l’Assemblée générale de Sikasso a confirmé la révocation de Yéli Sissoko, et seulement réduit la suspension de certains membres du CLCM. Les lignes ne bougent donc pas à l’issue de cette assemblée.

Face à l’enlisement de la crise ; la Fifa tape  du point sur la table et suspend, en mars 2017, la fédération en raison d’une ingérence du pouvoir politique. La Femafoot a alors été placée sous la tutelle d’un comité de normalisation (Conor) chargée d’expédier les affaires courantes et de réorganiser la fédération  avec une feuille de route de  six points.

Cependant,  le comité tarde à parvenir à des résultats jusque  à l’organisation le 15 juin 2019 d’une assemblée générale. Cette assemblée a permis d’exécuter une sentence du Tribunal arbitral du sport (TAS) exigeant l’organisation de l’assemblée générale élective pour désigner un nouveau président à la tête de la fédération et l’adoption de nouveaux statuts. L’élection  du nouveau président est prévue le 29 aout prochain

En se posant les bonnes questions, on trouvera les bonnes réponses, sans passion, ni parti pris.  Et on se rend vite compte  que loin de défendre l’intérêt général, (football), les acteurs sont plutôt préoccupé à défendre leur intérêts personnels,   Dans cette crise, l’ambition des auteurs est connu : faire main basse sur les énormes ressources financières de la fédération.

La crise est en réalité une affaire de gros sous  les première secousses sont apparues  à propos de la gestion du  financement octroyé  par certains sponsors et le fonds d’appui de la FIFA (FAF). Un budget qui représente un montant de l’ordre de 1,7 Milliards de francs CFA. Des personnes ont décidé de prendre ce football en otage pour des intérêts sordides et égoïstes, dans un mépris total des textes et règlements en vigueur et c’est dommage. Nous y reviendrons.

Mémé Sanogo

Source : L’Aube