A présent, dans aucune catégorie de football, le Sénégal na réussi à remporter un trophée continental. Malédiction ou simple malchance ? En tout cas, aucune compétition africaine de football na encore souri aux Lions de la Teranga. La finale de cette 32ème édition perdue face à l'Algérie, constitue la deuxième tentative, après celle de 2002 au Mali, contre les Lions indomptables du Cameroun. Dans les catégories inférieures, le Sénégal a connu le même sort avec trois finales disputées et perdues en catégories U20 du continent africain.

La 32ème édition de la Coupe d'Afrique des Nations Egypte 2019 a pris fin le 19 juillet 2019 au stade international du Caire, sous les yeux d’illustres noms du football tels que l’international camerounais, Samuel Eto’o, le président de la Fifa, Gianni Infantino, ou encore le franco-algérien, Franck Ribéry et bien d'autres. Cette finale tant attendue et super médiatisée s'est soldée par la victoire de l'Algérie sur le Sénégal avec le score d’un but à zéro. Une défaite du Sénégal qui laisse beaucoup d'interrogations aussi bien chez les supporters que chez les professionnels du football.  

Ayant démarré sur les chapeaux de roue, les Lions de la Teranga n'ont pas eu le temps de rugir au rythme de leurs forces. Puisque les Algériens, tels de vrais Fenecs, leur ont vite pris par la gorge. Alors qu'on est seulement à une minute vingt secondes du jeu, le temps de l'observation mais surtout de la prudence, l’Algérie surprend son adversaire par le biais de Baghdad Bounedjah, seul face au défenseur sénégalais et ouvre le score. Sans son meilleur joueur, Kalidou Koulibaly, suspendu et dans les tribunes, c’est son remplaçant, Salif Sané, qui a involontairement fait basculer le match avec un coup devenu le coup mortel pour les hommes d'Aliou Cissé, puisque ce sera l'unique but de la partie.

Pourquoi le Sénégal n'y arrive-t-il jamais ?

L'on a souvent vu de belles générations de football sans trophée majeur. On pense un peu à l'Argentine avec toutes ses stars depuis dix ans, mais aussi à la génération Didier Drogba de Côte d'Ivoire même si c'est venu plus tard, ou encore aux Pays-Bas en 2010 pour ne citer que ceux-là. Le cas du Sénégal semble être très inquiétant au vu des générations qui se sont succédé depuis des années. Et à chaque fois, l’on constate les mêmes remarques chez les Lions de la Teranga : le manque de concentration et de précision.

Avant cette 32ème édition perdue face à l'Algérie, l'équipe nationale du Sénégal avait perdu une première finale face au Cameroun à la CAN 2002 au Mali. C'est donc après 17 ans que les Lions de la Téranga ont pu se qualifier à la finale de ce grand rendez-vous continental. Même dans les catégories inférieures, le Sénégal connaît les mêmes problèmes. Les trois finales perdues en catégorie U20 l’expliquent à suffisance.

Des individualités qui ne font pas laffaire !

Très flamboyant avec des grandes individualités remarquables et toujours cité parmi les pays favoris de cette compétition, le Sénégal finit toujours par décevoir son peuple en échouant avant ou pendant le sprint final. Avant la finale disputée le vendredi dernier, le Sénégal avait fait plus de buzz et se montrait moins méfiant malgré un premier test échoué face à la même Algérie lors des matchs de poule. « Nous sommes imbattables », avait déclaré le président de la République du Sénégal à la veille de la finale. Dans les rues de Dakar, les populations étaient également unanimes quant à la victoire des Lions contre les Fenecs.

Mais hélas ! Sur le terrain, Aliou Cissé et ses hommes ont complètement déjoué, non pas en manquant d'arguments offensifs, mais en abandonnant leur football, un système de jeu provoqué et imposé par les hommes de Djamal Belmadi qui n'ont joué que pour emmener le trophée à Alger. Comme le dit un proverbe africain : « Certes, il est bien de croire en soi, mais il est encore mieux de réaliser ses rêves ». Les Lions avaient cru en eux, mais ils n’ont pas pu trouver les moyens nécessaires pour offrir à leur peuple un tout premier trophée continental auquel il rêvait. Puisque le rêve est permis, les Sénégalais doivent continuer de rêver d'exhiber un jour ce trophée continental dans les rues de Dakar.

Amadou Basso

Source: Ziré-Hebdo