Le Collège Oumar Bah de Kalaban-Coura a servi, ce samedi 7 novembre 2019, à une conférence-débat sur le Kung-fu - Wushu et l’éducation. L’objectif de cette rencontre était de mieux édifier les pratiquants de la discipline sur ce qu’est le wushu, ses origines et son évolution, sa vertu et son utilité dans la vie quotidienne.

Organisée par le Club Wushu de la classe Confucius du Lycée Askia Mohamed, en collaboration avec le Collège Oumar BAH de Kalaban-Coura, cette conférence était animée par Fayera Sissoko, directeur malien de la classe Confucius, en présence du représentant de l’Académie d’Enseignement de Bamako Rive Droite. On notait également la présence des représentants de la Classe Confucius ; des représentants de l’Institut Confucius à l’Université des Sciences Humaines de Bamako ; des membres de la Fédération Malienne de Kung-fu - wushu et ceux de la Fédération Malienne de Shoubo.

Dans son mot de bienvenue, le directeur du collège Oumar BAH de Kalaban-Coura, Kalilou Traoré, a indiqué que cet art martial est très peu connu du public malien. Ainsi, cette rencontre, était-elle une occasion pour les participants d’avoir une idée claire sur cet art martial, notamment l’aspect moral qu'il véhicule et les différentes terminologies liées à la pratique de cet art. De son avis, l’école et les centres d’apprentissage des arts martiaux sont des lieux privilégiés pour véhiculer la vertu d’où qu’elle vient.

Fayera Sissoko a axé son intervention sur les origines et l’évolution du wushu, la clarification des terminologies du wushu, les vertus du wuhu (wushu et éducation), le petit lexique et wushu, etc.

Si les arts martiaux ont existé dans plusieurs civilisations, ceux répandus de nos jours dans le monde sont d’origines japonaise, coréenne, vietnamienne, et chinoise, a expliqué M. Sissoko. Le wushu, a-t-il fait savoir, est la terminologie de plus en plus adoptée en lieu et place de Kung-fu ou Gong-fu. Le wushu, cet art martial chinois très ancien popularisé à partir des années 1970, et pratiqué en tant que sport, permet un développement harmonieux du corps et de l’esprit. Le wushu est de ce fait intimement lié à l’éducation. Car il enseigne les compétences de la vie courante (renforcer les capacités des personnes à prendre des décisions et à agir d’une manière positive qui leur apportera des bienfaits, ainsi qu’à leur entourage). Cet aspect doit être inclus ou intensifié dans les différents clubs de wushu.

« Lorsque l’on pratique un art martial, nous nous devons de nous comporter comme un philosophe ou un artiste martial », a-t-il dit.Toujours selon M. Sissoko, afin de respecter un enseignement traditionnel, les cours du club sont dispensés en conservant le plus de vocabulaire chinois possible. Aussi, cette connaissance vous permet d’être beaucoup plus à l’aise si vous décidez d’aller faire un stage en Chine par exemple, ou même dans d’autres pays.

A la suite du premier conférencier, Moussa Daouda Traoré, a basé son exposé sur l’origine et le développement du Shoubo qui est un art de combat non violent. De son côté, Siaka Camara de la Fédération Malienne du Kung-fu-Wushu, s’est penché sur les styles du Wushu externe ou « taolu, c’est-à-dire enchaînement de mouvements physiques » et « sanda, combat libre ou arrangé ». Intervenant à son tour, Seydou Dembélé, a expliqué le wushu interne c’est dire la relaxation, la maîtrise du souffle. 

Selon les conférenciers, si la vertu d’un couteau est de couper, la vertu de l’homme est d’agir humainement, avec humanité. Pour ce faire, il doit avoir : l’humilité (Qian Xu), le respect (Zun Jing), la droiture (Zheng Yi), la confiance (Xin Yong), la volonté (Yi Zhi), pour l’accomplissement et l’essence des arts martiaux chinois. Notons que lors de cette rencontre les différentes interventions ont été soutenues par des démonstrations remarquables.

A. O

Source : Zire