Faïné Samaké, une vielle aveugle âgée de 75 ans, venant de Gnadougou, qui s’est mariée dans le village de Mèbougou, vit à Sabalibougou depuis l’indépendance. Mais sa maison a été démolie par son voisin Abdoulaye Doumbia qui voulait se créer un passage avant de réclamer plus tard la propriété de la maison concernée. Dans une vidéo sur WhatsApp, Ramata, la fille de Faïné Samaké a expliqué qu’après le lotissement de Sabalibougou, la mairie a donné la maison en question à sa mère.

«Comme le font tous les citoyens, on a eu à faire tous nos papiers dans la règle ; nous avons à peu prés dépensés une somme de 290.000 CFA», raconte-t-elle. «Normalement l’Etat devrait construire notre maison, mais le maire qui était en fonction était à la fin de son mandat ».

Donc la vieille et ses enfants ont construit leur maison par leurs propres moyens. La famille a eu d’abord des problèmes avec un voisin appelé Demba Tall. Ce dernier a été le premier à dire que la maison de la vieille était pour lui. «Il nous a mis dehors et a détruit la maison qui était en banco en prétendant nous faire sortir de la maison pour la reconstruire », explique Ramata, la fille de la vieille.

L’affaire a été amenée au tribunal et les juges ont déclaré que la maison appartient à la vieille, et la justice a amendé Demba Tall. Il a vendu sa maison à Abdoulaye Doumbia, agent comptable résidant à Médina Coura, avant de s’enfuir et on ne sait pas où il est allé jusqu'à maintenant. Maintenant le nommé Abdoulaye qui a acheté la maison déclare clairement que si Tall n’a pas pu prendre la maison lui il la prendra.

A nouveau, la vieille est allée au tribunal et l’affaire n’avait pas été tranchée lorsque Doumbia les a fait sortir pour la détruire. «Le jeudi 28 février vers 05h du matin les alentours de notre rue étaient bourrés de gardes. Non seulement ils nous ont fait sortir, mais aussi ils ont démoli la maison et jeté du gaz lacrymogène dans la maison. La maison était composée de 5 chambres ; c’est après avoir détruit la maison qu’ils ont donné un papier mentionnant qu’on avait déjà fait un procès alors que c’est faux», raconte Ramata.

Pourtant la vieille avait un papier démontrant à Doumbia qu’elle ne lui devait rien. Depuis la destruction de leur maison, les membres de la famille de la vieille Faïné dorment dans la cour sous les moustiques. «On a nulle part où aller ni espoir mais Dieu est là et on conte sur les bonnes volontés. Ils ont fait leur opération et jeté du gaz sur la vielle. Maintenant les voisins du quartier se sont rassemblés pour aller détruire la maison de monsieur Doumbia », poursuit Ramata.

Le jugement était prévu le jeudi 7 mars 2019 à 09h au tribunal de la commune 5 de Sabalibougou. Mais deux jours avant le jugement, l’avocat de la vieille a dit qu’il ne peut plus assurer la défense de la vielle Faïné. Tellement choquée elle est tombée malade. Le médecin traitant de la vielle dit qu’elle a mal au cœur.

Heureusement, les Maliens se sont mobilisés pour défendre la vieille. Elle a eu six avocats de la part des Maliens d’ici et de l’extérieur.

La mobilisation en faveur de la vieille Faïné a atteint les réseaux sociaux; un groupe a été créé sur WhatsApp. Et un numéro de téléphone est disponible pour ceux ou celles qui peuvent aider la vieille moralement ou financièrement. Le jugement avait été reporté au jeudi 14 mars à 07heures, toujours au tribunal de Sabalibougou en commune V. Le tribunal était bondé de personnes qui portaient des banderoles rouges: des élèves, des habitants du quartier ainsi que d’ailleurs. Le verdict final est attendu le 28 mars 2019.

Nana Coulibaly, stagiaire