Après cinq mois de grève, les enseignants ont accepté de reprendre les cours, lundi, après être parvenu à s’entendre avec le gouvernement. Que contient exactement l’accord de conciliation, obtenu après des négociations tendues, et revendiqué comme une victoire par les syndicats ?

« Nous étions déterminés à arracher ce résultat sans pareil dans l’histoire du syndicalisme du secteur de l’éducation. Nous y sommes parvenus ». Adama Fomba, secrétaire général du Syndicat national des professeurs de l’ enseignement secondaire des collectivités (Synpesco) et porte-parole de la coalition de syndicats de l’éducation, savoure ce qu’il qualifie de « victoire ».

Certes, Oumar Hamadoun Dicko, ministre du Dialogue social, du Travail et de la Fonction publique, a tenu à tempérer l’ardeur des syndicats. « Il n’y a ni perdant, ni gagnant, c’est le Mali qui gagne. La fin de cette grève permettra à nos enfants de reprendre le chemin de l’école, et aux enseignants de jouer leur rôle », a-t-il déclaré après la signature de l’accord.

L’essentiel de revendications a été entendu

Il n’empêche, après cinq mois d’une grève dure, les syndicats d’enseignants ne se privent pas de plastronner. Sur les dix points de la plateforme revendicative des enseignants, ils ont obtenu gain de cause sur huit, et, partiellement, sur un neuvième (voir document ci-dessous). « Les enseignants sont désormais à la disposition du gouvernement », confirme Adama Fomba à Jeune Afrique.

Les enseignants ont notamment obtenu l’octroi d’une « prime de documentation » de 100 000 à 150 000 F CFA selon les catégories, qui leur sera payé tous les mois d’octobre, à compter de cette année 2019. Ils ont également décroché l’engagement d’une « adoption immédiate du projet de décret portant plan de carrière du personnel enseignant », ainsi que de l’application des indemnités de déplacement, prévues dès 2016 mais n’était jusque-là pas effective.

Sur la prime de logement, l’une des revendications, ils n’ont pas été entendus. L’Etat s’est pour autant engagé à augmenter 20 000 CFA sur la prime de résidence. « Cette prime est échelonnée sur deux ans, c’est-à-dire qu’en2020, les enseignants auront 10 000 FCFA de plus sur leur prime de résidence, et en 2021, ils auront à nouveau 10 000 FCFA supplémentaire », explique l’un des participants aux négociations.

Cette grève aura profondément perturbé l’année scolaire en cours, et le spectre d’une année blanche n’est toujours pas complètement écarté. Pour sauver l’année scolaire, les cours s’étendront jusqu’à la fin du mois de juillet. Les examens du Baccalauréat ont été repoussés du 22 au 25 juillet. Les épreuves écrites des examens au niveau fondamental (DEF), secondaire général (BAC), technique et professionnel (BT), à l’exception des écoles agropastorales, se dérouleront quant à eux entre le 17 juin au 26 juillet 2019.... voir le document ici

Source: Jeune Afrique