L'institut Supérieur des Techniques Économiques Comptables et Commerciales (INTEC SUP), à travers trois de ses étudiantes (Alima Traoré, Sokona Diakité et Sira Kamissoko),  a organisé une conférence-débat sur le thème : «Le rôle de la jeunesse face à l'émergence ». La conférence a été co-animée par deux jeunes experts à savoir : Cheick Oumar Doumbia, spécialiste en développement personnel et fondateur du Youth of Change et Mahamadou Kouyaté, gestionnaire de formation, entrepreneur et président de la plateforme ANW ici au Mali. C'était le 14 mai 2019 dans lenceinte de l'Institut.

L'objet de cette conférence était de préparer davantage les étudiants de l'INTEC SUP à la prise de décision, mais surtout à faire face au défi de l'émergence. Ainsi pour gagner ce pari, les deux conférenciers ont-ils mis leurs expériences au service de nombreux étudiants venus pour la circonstance. Réagissant sur le thème, le jeune Cheick Oumar Doumbia, âgé seulement de 23 ans, n'a rien oublié au passage quant à la responsabilisation de la jeunesse. Tout au long de son exposé, le jeune Doumbia n'a montré qu’une clé pour la réussite : La confiance en soi et le savoir-décider dans le temps.

Selon lui, le seul problème de la jeunesse malienne est qu'elle se sous-estime. « Je vais discuter avec vous dans la liberté. Vous savez, aujourd'hui la jeunesse malienne est souvent préoccupée par comment impressionner les autres. On va dans des endroits (cérémonies) qui ne nous ressemblent pas, mais on se préoccupe de faire des selfies qu'on balance sur les réseaux sociaux et le lendemain on se retrouve avec une vie sans événement. C'est parce qu'on se préoccupe des détails de la vie tout en oubliant l'essentiel », a-t-il souligné.

Pour le fondateur de Youth of Change, l'essentiel, c'est de commencer quelque chose par quelque chose. « On va continuer à vous dire que vous devez apprendre et avoir beaucoup d'expériences, sauf qu'on ne finit jamais d'apprendre. Quand vous voulez faire quelque chose, personne ne vous encourage. Au contraire, on vous fait peur. D'abord vous ne vous faites pas confiance et si on ne vous donne pas la confiance dans vos initiatives, c'est dramatique. Notre jeunesse est assujettie à la sous-estimation. Le Mali souffre d'une hémorragie et on n'a pas le temps de trop apprendre, mais il faut passer à l'acte, tout en s'améliorant chaque jour. Vous pouvez avoir le meilleur projet au monde et être la mauvaise personne pour sa mise en œuvre. Vous pouvez avoir le meilleur pays au monde et en être le mauvais citoyen. C'est d'ailleurs le cas du Mali », a-t-il ajouté.

Parlant de l'importance du niveau, Cheick Oumar Doumbia pense plutôt que la jeunesse malienne fait de la mendicité intellectuelle. « Ce que nous sommes, c'est ce que nous savons, rien d'autre. Savoir ce n'est pas toujours mieux s'exprimer pour impressionner, non ! Savoir, c'est savoir faire quelque chose pour laquelle les gens auront besoin de vous. C’est tout simplement se rendre utile dans la société », a-t-il précisé.

Quant au deuxième intervenant, Mahamadou Kouyaté, il s'est beaucoup appesanti sur l'importance des voyages d'études au sein d'un établissement. « Justement, je vais m'attarder sur la question de la jeunesse face à l'émergence. Quoi de plus bon que d'aller au contact du monde et découvrir les vraies réalités d'ailleurs. Parce que c'est quand ces réalités nous sont racontées quelles nous trompent. Les voyages d'études permettent de découvrir d'autres horizons que ce soit au Mali ou dans un autre pays, mais c'est aussi aux étudiants de savoir en tirer profit », a-t-il souligné.

Pour M. Kouyaté, professeur au sein de INTEC SUP, la jeunesse doit plutôt être positive dans sa prise de décision et savoir faire un choix de carrière. « Ne rien choisir est déjà un choix, mais le meilleur choix est d'avoir des ambitions à long terme », a dit le président de la plateforme ANW.

A l’issue des débats, le président des étudiants de INTEC SUP, Mohamed Chérif Haïdara affiche toute sa satisfaction : « Nous sommes vraiment satisfaits, ce n'est pas tous les jours que l’on peut être face à des experts de ce genre. Nous remercions sincèrement l'administration qui nous a soutenus dans l’organisation de cette conférence et nous espérons mettre en pratique tous ces conseils dans les jours à venir.»

Amadou Basso

Source: Ziré-Hebdo