Entre un gouvernement et un syndicat, il s’agit toujours de rapports de partenariat de travail. Ce rapport est très généralement consolidé ou renforcé par un dialogue franc et sincère sans lequel aucune collaboration durable n’est possible. Certes, le gouvernement a manqué de sincérité dans la mise en œuvre de ses engagements signés avec les syndicats signataires du 15 octobre 2016, mais à un certain moment, les enseignants devraient accepter de faire des concessions juste pour l’avenir des enfants. En principe, le gouvernement de son côté, devrait proposer un nouveau chronogramme afin de pouvoir satisfaire dans la durée les revendications supportables par le budget national.

Mais à cause de l’orgueil des deux côtés, l’école, notamment de l'enseignement public, est restée paralysée pendant plus de quatre mois, pour raison de grèves répétitives. Ce droit ne saurait être contesté au Mali, mais le dialogue reste et demeure la seule porte de sortie. Malheureusement, ce cadre de concertation se trouve interrompu depuis plus d’un mois, déjà avec l’ancien gouvernement dirigé par Soumeylou Boubèye Maïga. Aussi l’initiative du nouveau gouvernement de mobiliser toutes les sensibilités du pays pour discuter des sorties de crise a-t-elle été également boycottée par les  syndicats signataires du 15 octobre 2016 ?

En tout état de cause, la rencontre qui devrait se tenir le 11 mai 2019 au Centre International de Conférences de Bamako (CICB), a été finalement déclarée reportée selon un communiqué officiel du gouvernement, mais s'est tenue le même jour à la Primature, mais sans les enseignants. Elle avait réuni les parents d’élèves, l’AMSUNEN, l’AEEM, les chefs coutumiers et religieux et les partis politiques représentés à l’Assemblée nationale, en présence du Médiateur de la République, Baba Hakib Haïdara, désormais chargé de conduire la médiation entre le gouvernement et les enseignants.

Cette initiative devrait être un déclic dans la recherche de solution à la situation de l’école dans notre pays. Malheureusement, les syndicats signataires du 15 octobre 2016 ne semblent pas s’inscrire dans cette logique. C’est ainsi qu’ils ont choisi de ne pas y prendre part, pour la simple raison que le cadre n’était pas approprié. Au même moment, le Premier ministre, Dr. Boubou Cissé, précise que l’objectif de cette rencontre est de permettre à nos enfants de reprendre le chemin de l’école pour que la discussion sur l’impulsion du système éducatif et le sauvetage de l’école malienne s’articulent autour du réel.

A la fin de cette rencontre, les parties sont convenues de mettre en place, de commissions de conciliation et de bons offices pour trouver une solution à cette crise qui menace l’école malienne. Encore, ces conclusions ont été rejetées par les enseignants.

Toutefois, la commission de médiation dirigée par Baba Hakib Haïdara, a finalement réussi à les faire revenir autour de la table de négociations. Ce nouveau dialogue qui sera relancé, doit être franc et sincère et avec l’implication de l’ensemble des acteurs du secteur de l’éducation afin de trouver des solutions durables à cette crise. C’est le seul moyen aujourd’hui de sauver l’école.

Ousmane BALLO

Source : Ziré-Hebdo