On ne se pose plus la question de savoir si l’année scolaire 2018-2019 sera blanche ou non. Parce que tout le monde le sait plus ou moins, décréter une année blanche est lourd d’inconvénients, donc de problèmes. Or, les problèmes, nos dirigeants subtropicaux, parfaits autruches, préfèrent ne jamais les regarder en face. Alors, on biaise. On temporise. On déplace. Toujours prêts à colmater, même maladroitement, les brèches béantes du bazar. On est champions du rafistolage. Pourvu que notre image reste saine et sauve pour les partenaires techniques et financiers dont les fonds nous aident à conforter le présent et à préparer l’avenir de nos enfants à nous. Ceux que nous préparons pour un jour assurer notre relève ! Année blanche ? Non. Année noire ? Oui. Évidemment ! Pour tous ceux qui ont la naïveté de faire confiance à notre système d’enseignement public. De toutes les façons, elles n’ont jamais été vraiment vertes depuis trop longtemps déjà, nos années scolaires. Oui, depuis que l’école aussi a pris les couleurs de la démocratie. Elles sont toujours grises ou noires, nos années scolaires. L'année-cisera noire ; noire  comme de l’ardoisine ! Noire pour les enfants du Peuple. Comme d’habitude. Ceux-là, ils passeront en classe supérieure. Comme d’habitude. Et, comme d’habitude, ils ne comprendront rien à rien et leurs parents prieront le Bon Dieu pour des diplômes promo ou aux enchères ! Pendant ce temps, les enfants du Pouvoir font de vraies études dans de vraies écoles pour devenir de vrais leaders. Pour utiliser demain les enfants du Peuple ! Comme d’habitude. Alors, année blanche ou année noire, on s’en fout ! Ceux qui doivent réussir réussiront ! Quelqu’un a dit ici au Mali : « Bè bi Ba bolo ! » N'est-ce pas ? À bon entendeur…

MINGA S. Siddick / Afrikinfos-Mali