Actuellement, l'école malienne est plus que dans l'agonie et le ministre de l’Education Nationale, Abinou Témé,  devrait longtemps s'expliquer au peuple. Son interpellation, la semaine dernière par les députés de l’Assemblée nationale,  était plus que nécessaire. Mais, la question que l'on peut se poser, c’est de savoir si cette action des honorables pourra changer grand-chose.

L'année pourra-t-elle encore être sauvée ? C’est la seule question qui taraude les esprits et à laquelle personne ne peut répondre avec certitude.  Une chose est sûre, l’interpellation de l’Assemblée nationale semble donne un petit espoir au peuple malien dans son ensemble dont la plupart commençait à s'interroger sur le silence de l’Hémicycle sur la question.

Accompagné de ses homologues de l'Economie et des Finances, Dr Boubou Cissé et du Travail, de la Fonction Publique, chargé des Relations avec les Institutions, Mme Diarra Racky Talla, le ministre de l’Education nationale s’est prêté aux préoccupations des députés qui portaient essentiellement sur : « Comment éviter une année blanche ? »

Ainsi, dans un débat assez tendu entre parlementaires et membres du gouvernement, le ministre Abinou Témé dit avoir le même souci que tout le monde. « Si j'ai bien compris les différentes questions dans ma synthèse, nous avons le même souci qui est de savoir comment éviter une année blanche. Avant de commencer à répondre aux questions, je me permets aussi de dire que je suis le fruit de l'école malienne et que je suis enseignant de profession. Depuis 1983, j'enseigne. J'ai fait trois ans en 3ème année philosophie à l'École normale supérieure. Donc, je sais ce que c'est qu'une année blanche et il n'est le souhait de personne que l’année ne puisse pas être sauvée », a-t-il répondu.

Selon le ministre de l’Education nationale au cours des négociations, il y a trois points de désaccord à savoir : les primes de logement ; la relecture du décret N° 529 PRM du 21 juin 2013, portant allocation d’indemnités au personnel chargé des examens et concours professionnels en ses articles 1, 2 et 3 et l’accès des enseignants fonctionnaires des collectivités territoriales aux services centraux de l’état dans le domaine de l’Éducation. « Le département de l'Éducation que je préside aujourd'hui fait beaucoup confiance aux vertus du dialogue. Voilà pourquoi nous avons demandé l'implication de tous ceux qui, à notre avis, pouvaient ramener les syndicats à de meilleurs sentiments.  Nous avons mené beaucoup d'actions en amont. Nous avons rencontré le Conseil supérieur de l'Éducation. J'ai rencontré deux fois la Commission Éducation de l'Assemblée nationale sur ma demande ; j'ai rencontré le bureau de coordination de l'AEEM ; j'ai rencontré également les parents d'élèves, les leaders religieux et les familles fondateurs de Bamako. Mais malheureusement, on n’a pas eu les résultats escomptés », a-t-il regretté

C'est surtout sur le deuxième point de blocage relatif aux primes de logement qu’il semble être difficile d’avoir un accord. « Nous avons fait comprendre aux syndicats que l'état financier actuel ne nous permet pas de garantir des primes de logement aux enseignants des collectivités », a précisé le ministre Abinou Témé.

 « Nous avons une stratégie de sauvetage de l’année ! »

Répondant aux questions des honorables députes sur la grève des enseignants, le ministre de l’Éducation nationale, Pr Abinou Témé, a précisé : «Nous avons une stratégie de sauvetage de l’année. Nous allons voir comment faire des cours de remédiations, comment faire en sorte que les enfants puissent aller à l’école, le samedi inclus pour faire une sorte de cours intensifs et empiéter sur les vacances. Mais, la condition sine qua non de la réussite de cette stratégie est l’entente entre le gouvernement et le syndicat. »

Amadou Basso

Source : Ziré-Hebdo