C’est en vue interpeller les deux parties (Gouvernement et syndicats d’enseignants) face au blocage des négociations entre lesdites privant ainsi les élèves de leur droit que la ‘’Plateforme Kalanko Dron’’ a organisé le vendredi après-midi, un meeting en face de la Bourse du travail. Cette manifestation qui avait regroupé quelques centaines de personnes a été une occasion pour les intervenants d’insister sur l’urgence de la situation qui menace l’année scolaire en cours.

Tout comme 2019, l’année 2020 risque fort d’être tourmentée par la menace d’année scolaire blanche, une menace qui représente un danger pour l’avenir de l’école malienne. Préoccupés par ce blocage des négociations entre le gouvernement et les enseignants privant ainsi les élèves de leur droit, les responsables de la Plateforme ‘’Kalanko Dron’’ ont initié ce meeting sur l’esplanade de la Bourse du travail.

Pour sa présidente, Mme Berthé Kadi DIARRA, l’objectif de la Plateforme est de suivre l’éducation des enfants. «En voyant le niveau que les enfants ont aujourd’hui à l’école, c’est humiliant. C’est pourquoi, on a vite fait de mettre en place cette plateforme, rien que pour suivre le niveau de ces enfants. En tant que mère de famille, l’année dernière, tout le monde a vu qu’on n’a pas épuisé le programme, et cette année, nous avons déjà des inquiétudes. Pour ne pas arriver à la situation de l’année dernière, on s’est lever pour créer cette Plateforme et continuer à faire la sensibilisation. Nous lançons aussi un appel à toutes les organisations internationales qui s’impliquent dans l’éducation de venir nous aider», a-t-elle déclaré à la presse.

De son côté, Kéba DIALLO, activiste, trouve que l’éducation est l’arme la plus puissante qu’on peut utiliser pour changer le monde. Et quand l’éducation d’un pays est bafouillée, ça veut dire qu’on n’aura pas de cadre à hauteur de souhait. Et dans le pire des cas, ces enfants deviennent des rebelles. C’est pourquoi, dit-il, il est important d’avoir une bonne qualité de l’éducation pour ne pas être en retard. «Nous sommes là pour demander que les élèves reprennent les cours et aux enseignants de retourner en classe. Nous disons aussi au gouvernement qu’il est temps d’écouter les gouvernés, qu’il est temps de tout mettre en œuvre pour trouver une solution à cette situation», a-t-il ajouté.   

Dans la déclaration lue par son porte-parole, Amara SYLLA, la plateforme se dit convaincue que les enseignants ne sont pas en grèves répétitives parce qu’ils n’aiment pas ce pays, le Mali, ou par ce qu’ils se fichent de l’avenir des enfants, mais par ce qu’ils ont des droits et qu’ils veulent que ces droits soient respectés. Également, que le gouvernement, malgré sa réticence et parfois des erreurs qu’il a pu commettre, est de bonne foi et pourra trouver, sincèrement de solution définitive, assidue et solide pour faciliter le règlement de cette crise.

Malgré les contraintes et les difficultés que traverse le pays, cette Plateforme estime que force doit rester à la loi et le gouvernement qui est garant de cette loi, doit tout faire pour mettre chaque citoyen dans ses droits. «Nous demandons au gouvernement de discuter avec enseignants pour les mettre dans leurs droits sans préjudice sur le bon fonctionnement du pays», a déclaré M. SYLLA. Elle invite par la même occasion, les enseignants, premiers piliers de la société et garants de la formation des meilleurs citoyens de demain, à rentrer dans les classes afin de sauver l’avenir des enfants et du pays tout entier.

La Plateforme s’est dite prête à rejoindre les enseignants et se battre pour qu’ils puissent être dans leurs droits, pleinement. En fin, elle invite tous les parents d’élèves à œuvrer afin de sortir l’école malienne de ces crises répétitives qui plongent notre pays dans un futur incertain.

Abdoulaye OUATTARA/Afrikinfos-Mali