Inutile de rappeler que l’école constitue le moteur de développement de tout pays. Sauvée de justesse l’année dernière, l’école semble en train de se retrouver dans la même situation. Depuis le 16 décembre 2019, elle est perturbée par des grèves des enseignants qui demandent que la loi n°2018-007 du 16 janvier 2018 portant statut du personnel enseignant de l’enseignement secondaire, de l’enseignement fondamental et de l’éducation préscolaire et spéciale soit mise en application dans les meilleurs délais. Cette situation risque de perdurer plus que l’on ne le pense.

Cette perturbation au sein de nos établissements scolaires est due à l’augmentation de 20 % des salaires dont les enseignants doivent bénéficier conformément à cette loi n°2018-007 adoptée le 16 janvier 2018 dans le cadre de la valorisation de la grille annexée au statut général. L’article 39 de ce statut stipule : « Toute majoration des rémunérations des fonctionnaires relevant du statut général s’applique de plein droit au personnel enseignant de l’enseignement secondaire, de l’enseignement fondamental et de l’éducation préscolaire et spéciale. »

C’est pour le respect de ce dispositif après l’augmentation des salaires de 20 % que les syndicats de l’éducation signataires du protocole d’accord du 15 octobre 2016 jurent de prendre encore l’année scolaire 2019-2020 en otage. Pour mettre la pression sur le gouvernement, les élèves sont aussi entrés dans la danse en organisant des marches pour demander aux autorités la reprise des cours.

Au regard des conséquences des grèves de l’année dernière sur l’école, le gouvernement et les syndicats concernés, sans arrogance ni mépris, doivent forcément trouver ensemble un compromis au bon moment pour permettre aux élèves de retourner dans les classes. La trêve sollicitée par le président de la République, Ibrahim Boubacar Kéita, à l’occasion de son adresse à la nation, ne saura être la seule alternative pour cette question jugée cruciale à l’heure actuelle.

Contre toute attente, le Premier ministre, Boubou Cissé, met son pied dans le plat en annonçant le dimanche dernier, lors de la deuxième journée des travaux sur les grandes orientations politiques du Dialogue National Inclusif, que le gouvernement envisage de recruter 15.000 volontaires sortants de l’Institut de Formation des Maîtres (IFM) pour suppléer les enseignants grévistes le temps de trouver un compromis.

Ni la trêve, encore moins le recrutement des volontaires ne permettent de résoudre cette situation. La seule solution qui vaille aujourd’hui est de permettre aux élèves de retourner dans les classes. Donc, il faut forcément négocier avec les protagonistes. Pour ce faire, les deux côtés doivent être flexibles afin d'éviter les mêmes erreurs qui peuvent produire les mêmes conséquences que l’année dernière.

Ousmane BALLO

Source : Ziré